Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 10 octobre 2013

Des trains pas comme les autres...

 Toujours plus vite?
                              Depuis les premiers chemins de fer, la vitesse a été privilégiée et s'est spectaculairement développée.
 Mais est-il vraiment rationnel de vouloir gagner toujours plus de temps, parfois juste un quart d'heure sur un trajet donné, si on multiplie les risques en négligeant la sécurité?
   La vitesse à tous prix n'est pas seule en cause.
L'accident de Brétigny a mis en évidence les problèmes liés à un entretien insuffisant sur certaines lignes, ce qui a amené à parler de voies secondaires  dangereuses et de trains poubelles, notamment les Corail.
 "...Tant que, par sa situation de monopole, la SNCF pouvait opérer des péréquations internes, les recettes du TGV venant combler les trous des services Corail, tout le monde fermait les yeux. Les passagers du TGV subventionnaient ceux des services classiques sur lesquels on maintenait une qualité de service plutôt minimaliste. Mais enfin, les services étaient assurés.
Avec la libéralisation des transports ferroviaires et l’obligation pour la SNCF de parvenir au moins à équilibrer ses comptes, la péréquation interne devint un casse-tête pour l’opérateur public obligé de faire face à des services déficitaires dont ses concurrents potentiels n’ont pas la charge. Et les voyageurs du TGV devenant de plus en plus sourcilleux à l’annonce des augmentations tarifaires, cette péréquation devint de plus en plus difficile à réaliser..."
   La question de la sécurité dérange la SNCF, mais elle est en partie une des conséquences de la libéralisation en cours depuis des années et du changement de "métier" des personnels, de la perte d'expérience, de la division des gestions, du recours à une sous-traitance mal formée...
Les incidents se sont multipliés depuis ces dernières années.
  Certes, l'expérience est plus grande en France qu'en Espagne, équipée plus récemment à très grande vitesse:
La catastrophe de Saint-Jacques de Compostelle a révélé la défaillance de systèmes de sécurité
Les ambitions espagnoles en matière de TGV, devenu joujou de nouveau riche, ont négligé quelques détails techniques
            Mais chez nous, la marche vers la  privatisation, déjà en partie engagée et exigée par Bruxelles, ne va pas sans créer des problèmes. Pas étonnant que certains usagers clients se plaignent des prix, des retards et de l'opacité du système. Certains investissements ont un grand retard.
   Certes, ce n'est pas la gestion naguère catastrophique à l'anglaise (on songe à une renationalisation), mais progressivement, par petites touches, la dérégulation se met en place, en catimini, selon une méthode bien connue par ailleurs.
Les règles absurdes de la concurrence européenne dans un domaine où la cohérence s'impose, une gestion purement libérale des services publics (RGPP) s'obstinent à vouloir s'appliquer.
Il faut dire que les lobbies privés veillent et veulent leur part de gâteau, comme Véolia
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-Paru dans Agoravox
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