Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 21 novembre 2017

L'ïle enchantée

Enfin seuls!
                 On y pense depuis longtemps:
         Construire ou reconstruire un monde nouveau, une humanité régénérée, dans un lieu à l'écart, si possible sur une île, où de nouveaux rapports humains pourraient être instaurés. Pour une vie rebâtie sur de nouvelles bases, un monde idéal. 
    Depuis Platon, en passant pas la Renaissance, notamment chez Thomas More, cette nostalgie surgit périodiquement sous des formes diverses, surtout dans des périodes jugées troublées, avec des appellations diverses: Ile des Bienheureux, îles Fortunées....
     Une aspiration qui se fait jour aujourd'hui du côté de la Silicon Valley, qui serait un lieu parfait si les mastodontes qui dominent le monde pouvaient coexister en toute harmonie, loin des masses médiocres qui ne veulent pas travailler, des pauvres qui puent,
     Loin surtout du pouvoir politique, cette anomalie qui n'existe qu'en spoliant les plus méritants, ceux qui ont fait fortune à la sueur de leur front. Ce Léviathan qui taxe, qui impose, qui fait de la redistribution néfaste pour le dynamisme économique, qui enfreint par ses lois la liberté totale d'entreprendre. Les paradis fiscaux ne suffisent pas à échapper aux contraintes néfastes de l'Etat.
     Bref, il s'agit de créer un entre-soi parfait.
         Un monde ultralibéral enfin réalisé. Un monde libertarien tel que Hayek n'aurait pas osé y penser.
   Ici le paradis sera autogéré et il n'y régnera que complicité, luxe, calme et volupté...
 Ce serait l'univers exclusif des happy fews, des self made men des nouvelles technologies et des start-up qui ont grandi à la force des neurones. Bref, un hâvre de paix mérité.
     Un des têtes pensantes, Peter Thiel, ne manque ni d'idées ni d'audace.
Un milliardaire veut créer une île, flottante et libre,  pour des libertariens enfin comblés,, pour ceux qui le méritent.
    Le créateur de Paypal fait rêver les plus grands.
       Quand 1% de la population détient la moitié de la richesse mondiale, c'est exaltant, quoi qu'en dise le  FMI. La pauvreté des uns fait la jouissance des autres...Une jouissance qui pourrait bien un jour durer sans fin si l'homme augmenté numérisé parvient à l'éternité.
  Le petit-fils de Milton Friedman projette déjà la construction d'îles flottantes parfaitement autonomes:
                         «Il y a tellement de choses importantes et enthousiasmantes que nous pourrions faire, mais nous en sommes empêchés parce qu’elles sont illégales», déplorait Larry Page, fondateur de Google. C’est exactement ce à quoi Patri Friedman envisage de répondre, et ce n’est pas anodin que ce trentenaire ait fait ses premiers pas dans la vie professionnelle comme ingénieur logiciel chez Google. C’est à l’intention de ces patrons, dans le but de se débarrasser de tout carcan gouvernemental, pour innover à plein tube sans qu’une loi ou un impôt ne vienne les contraindre, que Friedman veut créer des cités autonomes, sans État, sur la mer. Patri Friedman est issu d’une lignée d’économistes pour lesquels la liberté ne doit avoir aucune limite. Ses grands-parents, Milton et Rose Friedman, sont d’ardents défenseurs du libéralisme, qu’ils ont théorisé jusque dans ses pires vices, comme le chômage naturel. Son père, David Friedman, promeut une forme d’anarcho-capitalisme, où les lois, l’ordre et l’État deviendraient des produits privatisés. «L’influence de mon grand-père est génétique», explique Patri Frideman. «Nous sommes tous deux petits, et de fervents libertariens.» Le petit-fils est même plus radical que son aïeul, puisqu’il préfère la suppression pure et simple de l’État, ce qu’il entend bien réaliser dans des cités offshore. C’est ainsi qu’il a fondé le Seasteading Institute, dans le but de rassembler des financements, et négocie actuellement avec le Honduras, qui pourrait envisager l’installation du projet au large de ses côtes. Un choix logique, puisque ce pays est dirigé par une droite ultralibérale, à la suite d’un coup d’État de l’armée qui a déposé Zelaya en 2009. Mais l’idée première de Patri Friedman était d’installer sa cité flottante dans la baie de San Francisco, puisque les libertariens sont plus qu’intimement liés à la Silicon Valley, cette oasis technophile coupée des réalités sociales où règnent l’ultra-individualisme et la recherche de la rentabilité à tout prix. D’ailleurs, dans l’esprit de Patri Friedman, parce qu’elle gagne des milliards de dollars, Google n’est-elle pas mieux gérée que les États, lourds et endettés ? «J’ai la vision de dizaines de millions de personnes qui vivraient dans des pays Apple ou Google. Les géants des nouvelles technologies gouverneraient et leurs résidents n’auront pas le droit de vote. Si les gens sont libres d’aller et de venir, on peut développer des dictatures à succès», explique Friedman. Car si la liberté d’entreprendre ne doit pas avoir de limite, ces libertariens ne sont pas de grands démocrates. «La liberté n’est pas compatible avec la démocratie», assène même Peter Thiel, devenu milliardaire pour avoir créé PayPal et principal mécène de Patri Friedman, en plus de financer des recherches pour devenir immortel...
           Et si les pauvres ont envie d'être riches, il suffit qu'ils travaillent...Ce n'est pas bien compliqué.
               Donc tout le monde pourra  accéder à ce rêve nouveau, régénéré, où tout sera possible, même la vie éternelle...
                        Amen!
                            Jusqu'où peut aller l'art d'ignorer les pauvres!...               
                                                                                                    Des projets qui font rêver ou frémir?...
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lundi 20 novembre 2017

Vu d'Athènes

On n'en a pas fini...

     Cette dette qui s'éternise n'a pas fini de faire parler d'elle, malgré les dénégations, et de constituer une pierre d'achoppement au coeur de l'UE. Mais pas seulement.
   Ou plutôt ce sont les conditions dans lesquelles le pays de Socrate fut sommé de faire une cruelle cure d'amaigrissement, jusqu'à mettre sa santé en péril pour longtemps et à compromettre tout rétablissement.
    Essentiellement pour sauver les banques.
      On  parle parfois d'amélioration, au niveau du tourisme par exemple. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt.
    Enfin, des experts de l'OCDE et de nombreux économistes ont donné de la voix pour une politique radicalement nouvelle vis à vis d'Athènes, installée dans un diabolique cercle vicieux. Puis ce furent des responsables du FMI qui montèrent au créneau  pour avertir Bruxelles et surtout Berlin de ses "erreurs" sur la question grecque.
    Plus récemment, c'est nouveau, c'est enfin  la  Cour des comptes européenne qui met les pieds dans le plat, en dénonçant l'absurdité et l'incohérence des plans de réforme successifs, qui n'ont finalement eu comme but principal que d'affaiblir un peu plus le pays et de le rendre pour longtemps incapable d'autonomie et de saine gestion financières.Tour ça essentiellement pour rassurer les marchés financiers.
    Certaines des conséquences de cet aveuglement sont bien connues, notamment l'effondrement d'un système de santé digne de ce nom, comme en témoigne le témoignage d'un observateur sur le terrain.
 Celui-ci évoque ce qu'est devenu l'état sanitaire du pays pour les très  nombreuses personnes devenues pratiquement sans ressources. Une situation tragique d'abandon.
              “Chez vous, c'est comme en Irak, ailleurs, de telles mesures d’austérité auraient causé l’effondrement absolu de la société” ont-ils déclaré après avoir visité nos hôpitaux ainsi que nos dispensaires solidaires et de la dernière chance pour les non-assurés, ces derniers représentent pratiquement un tiers de la population de notre pays ensoleillé.   Nos visiteurs ont ainsi aperçu nos cancéreux qui vendent leurs derniers biens pour ainsi pouvoir faire face au coût de leur incertaine thérapie, nos amputés aux diabètes qui ne sont plus pris en change, les abandons des bébés dans les maternités ; néanmoins aussi, une certaine solidarité et surtout ce (dernier ?) héroïsme des médecins alors indéniable. 
       Ce ne sera pas l'embellie touristique qui va changer les choses.  Le problème est plus politique qu'économique.
    La potion est mortelle. Même au FMI on a fini par s'en rendre compte...
___________________________    (*) Les trois plans de sauvetage européens menés depuis 2010 sont un échec patent, selon le rapport de la Cour des comptes européennes, publié le 16 novembre (lire ici). Alors que le troisième plan est censé s’achever à la mi-2018, la Grèce sort dans un état de délabrement économique sans précédent : son PIB a diminué de 30 %, sa dette publique a pris des allures stratosphériques, dépassant les 180 % du PIB, les banques grecques ne sont pas en état de prêter et d’assurer le financement de l’économie. Le seul objectif clair que s’était fixé la Commission européenne – permettre à Athènes de retrouver un accès au marché financier – semble ne pas pouvoir être atteint. « Ces programmes ont permis de promouvoir les réformes et d'éviter un défaut de la Grèce. Mais la capacité du pays à se financer intégralement sur les marchés reste un défi », souligne Baudilio Tomé Muguruza, membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport.
      En soi, ce rapport ne vient que confirmer les multiples alertes et mises en garde faites par nombre d’économistes et observateurs. Tout au long de la crise grecque et plus encore au moment du troisième plan de sauvetage en juillet 2015, ils n’ont cessé de dénoncer l’irréalisme et le dogmatisme économiques qui prévalaient parmi les « experts » et les responsables politiques européens, et qui ne pouvaient conduire, selon eux, qu’à un échec. Nous y sommes. 110 milliards d’euros de financement ont été accordés à Athènes en 2010, 172 milliards lui ont été à nouveau prêtés en 2012, 86 milliards à nouveau – mais 36 milliards seulement ont été effectivement déboursés à ce jour – en 2015… pourtant sa situation économique et financière est toujours intenable....
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dimanche 19 novembre 2017

Méli mélo

___ Bilan des victimes civiles pour l'instant déjà terrible en Irak et en Syrie.

__ La  Somalie sombre dans l'oubli.

__ Affaire catalane: une histoire complexe.

__ Des notes de frais généreuses  pour les députés.

__ .La Suède ne joue pas le jeu.

__ Petits arrangements entre HSBC et Bercy.

__ Certains ne marchent plus.

__ Faites votre marché...électrique.

__  Voitures électriques: la panacée?

__ Nouvelle ruée sur...la Lune

__ Capitulation en rase campagne, malgré les gros yeux de Bruno Lemaire:
              40% de profits délocalisés. Qui imposera l'harmonisation?
                    __ En attendant les futures révélations paradisiaques...

           - Gérard Longuet peut être parfois très drôle. Pascal est optimiste.
           - Macron capitule. Pas de fatalité.
           - L'offshore, c'est cool.
           - In Trusts  we trust.
           - Pour ne pas débrancher les malades.
            - Ils se disent impuissants  face au capitalisme de casino.

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samedi 18 novembre 2017

Cancans du Vatican

Un Vatican à l'encan?
                           Ce pape à part en a marre. On lui met des bâtons dans les roues de sa papamobile.
 On pourrait bien lui faire un jour le coup du père François...à François.  Il y a des précédents...
Il n'y pas que des enfants de choeur dans la Cité.
       A tel point qu'il est souvent obligé de mettre de l'eau dans son vin.. de messe.
        Il est découragé.
         Pourtant, il en voulait, au début.
L'aficionado argentin de San Lorenzo  voulait dépoussiérer, donner un coup de crosse dans les officines vaticanes, bousculer les en-mitrés fossilisés et les mettre au musée, donner un coup de pied dans la fourmillière  rouge et violette,
  Mettre le b***** bazar dans la Curie, pour retrouver la simplicité des origines.
  Revoir le problème des finances gérées à la petite semaine sans trop de questions et traquer le business en tout domaine.
      Mais l'armée des monsignori embagués et encalottés fait de la résistance...depuis la Renaissance.          Il y a eu des papes en pire.
 N'est pas Luther qui veut et la prison dorée du mont sacré a freiné ses élans. C'est plus qu'une institution, c'est un piège feutré.
   Sur le trône de Pierre, le fondateur, dont on sait qu'il s'asseyait sur le sable du désert ou les cailloux de Tibériade, l'un ne sera resté que 33 jours. Suspect. Lui, il dure, mais il s'épuise.
       Il peste en vain contre l'usage diabolique des portables en plein office divin. Mais oùvaton?
   Jésus n' en avait pas, juste un vieux vélo, et Pierre ne roulait pas en Lamborghini. 
     C'est le comble! Vade retro Samsung!... Il a osé le dire:
               Quels fragments de nos vies parviennent encore à échapper à la smartphonite aiguë, cette affection virale poussant une grande partie de nos contemporains à filmer tout ce qui leur passe sous les yeux : plat au restaurant, célébrité dans la rue, belle-maman promenant le chien ? L’invasion des téléphones portables a atteint des proportions telles que même le pape François a décidé d’en faire un sujet lors de son audience hebdomadaire place Saint-Pierre. « Cela me rend tellement triste quand je célèbre la messe […] et que je vois tant de téléphones portables en l’air. Pas seulement des fidèles, mais aussi des prêtres, et même des évêques. » Et d’ajouterdans un sourire réprobateur : « Mais s’il vous plaît ! La messe n’est pas un spectacle… » A peine prononcé, le sermon circulait déjà sur les réseaux sociaux, filmé par des centaines de téléphones portables. Vertigineux!...
     Mais il y a pire!
          Du côté de certaines pratiques ensoutanées, on en apprend de belles...Mein Gott! Dio mio!
  Satan est dans les rangs. Une purge s'impose, fissa. Mais ce sera plus dur que de réformer le FMI.
     A son âge, il aurait aimé prendre un peu d'aise.
     Il n'a plus la patate d'un Macron qui bouscule tout sur son passage.
       On murmure qu'il envisagerait de se retirer doucement dans sa pampa argentine.
                 Mais qu'est-il allé faire dans cette galère? Ah! cette satanée fumée blanche.
                            S'il avait su...
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vendredi 17 novembre 2017

Une républicaine éclairée

F.Héritier en héritage 
                          Une pensée en mouvement
                                          Une grande dame s'en est allée.
     Non sans nous laisser un héritage culturel de grande valeur.
      Un pas de plus pour l'humanité. Dans le sillage d'Olympe de Gouges et de Simone de Beauvoir, mais avec un éclairage ethnologique et historique
           La pensée de Françoise Héritier restera et fructifiera. Comme ses combats. Elle a su allier théorie et pratique, n'hésitant pas à s'engager dans les luttes pour la libération des femmes. Mais jamais de manière unilatérale et étroite. Toujours en prenant en compte les relations hommes-femmes, qui sont nécessaires pour saisir les mécanismes culturels et historiques qui les fondent.   Et en les considérant comme un problème politique majeur.
    Une anthropologue ouverte sur le monde et éclairée, sortant des problématiques réductrices:
        « Nous ne vivons pas la guerre des sexes, mais le fait que les deux sexes sont victimes d’un système de représentation vieux de bien des millénaires. Il est donc important que les deux sexes travaillent ensemble à changer ce système. L’oppression et la dévalorisation du féminin ne sont pas nécessairement un gain pour le masculin. Ainsi, lorsque les positions des sexes ne seront plus conçues en termes de supériorité et d’infériorité, l’homme gagnera des interlocuteurs : il parlera avec les femmes d’égal à égal. Alors, les hommes n’auront plus honte de leur part dite « féminine » où s’exprime, selon la norme socialement convenue, les émotions et les affects. Il n’est pas évident que l’égalité des personnes supprime entre elles le désir et l’amour ».
    Nous n'aurons jamais fini d'explorer les voies qu'elle a tracées, ce que (tous) les hommes doivent à Françoise Héritier,
     Dans les traces de Lévi-Strauss, un autre passeur d'humanité, elle apprit à forger les outils intellectuels qui l'ont amenée si loin et...si près de nos problèmes, généralement mal compris parce que nous sommes rendus myopes à nos propres vies et à nos relations quotidiennes, qui nous semblent faussement naturelles. Or, comme elle le répète: «Rien de ce qui nous paraît naturel n’est naturel» ...Même dans ce qui nous paraît le plus privé.
                         Pendant toute ma période active, j’ai eu la conviction profonde que les choses pouvaient changer. Je continue de le penser bien sûr. Je me fonde en cela sur l’idée que, dans le rapport hommes-femmes qui est un rapport de domination, il n’y a rien qui soit dicté par la nature. Et c’est en même temps un rapport que l’on trouve dans toutes les sociétés du monde. J’ai été amenée à former l’hypothèse qu’au fondement du social, il y a la domination de l’homme sur la femme, et que c’est le premier grand système idéologique. Parce que les hommes n’enfantent pas directement avec leur propre corps, alors que les femmes enfantent des filles et des garçons, ils ont fait en sorte que les corps féminins soient à leur disposition. Cela a entrainé toute une série de mises au point techniques qui ont privé les femmes de la liberté d’user de leur corps librement : elles appartiennent à des hommes, - à un père, à un frère, à un oncle, … qui les cèdent à un mari -, et ces hommes décident de leur sort. Ceci depuis le tréfonds de l’humanité, depuis Neandertal, jusqu’à aujourd’hui. Ce que j’ai mis en évidence, c’est qu’on a posé une relation d’antériorité de l’homme sur la femme, une antériorité du masculin. Cette histoire d’antériorité n’est pas à prendre à la légère : dans ce que j’appelle la valence différentielle des sexes, on établit un rapport de supériorité de l’homme sur la femme en tant qu’il est considéré comme antérieur. De la même façon que les parents sont antérieurs aux enfants et que les aînés sont antérieurs aux cadets, on a établi un rapport tel que les filles sont toujours les cadettes des garçons.     Cela a été inventé par l’esprit humain, et donc par définition, c’est quelque chose que l’esprit humain peut détruire car ce n’est pas ancré dans un substrat biologique qui ferait que les femmes seraient naturellement inférieures et dépendantes....(Entretien avec M.Rotfus)

jeudi 16 novembre 2017

Ou va l'Arabie saoudite?

Ça bouge, du côté de Ryiad
                            Une simple révolution de palais? une purge pour l'hégémonie d'un seul?
Un Macron du désert?
  Il semble que ce soit un peu plus que cela. Une jeune macronien de 35 ans a pris le volant du pays des Saoud et s'engage à vouloir l' ouvrir aux vents frais d'une modernité que semblent réclamer une jeunesse de plus en nombreuse et impatiente, un nombre toujours plus grand de femmes toujours mineures et mettre davantage sous contrôle l'hégémonie des religieux constituant une sorte d'Etat dans l'Etat, représentant un rigorisme whaabite freinant toute transformation d'importance.
    La tâche est immense, et il n'est pas sûr qu'un tel projet aboutira dans un futur proche.
   Une sorte de tournant de l'histoire pour ce pays paradoxal, prêt à s'engager hors du seul chemin de la rente pétrolière, qui, à l'ombre des USA, a longtemps fait ses beaux jours. Un bon client. Le pays est courtisé.
    A la pointe du progrès technique le plus avancé, la société saoudienne reste figée dans un carcan culturel et politique d'une autre époque, prisonnière de ses pétrodollars, sources de dépenses de prestige et de luxe tapageur pour une minorité parasitaire, les princes gravitant autour d'une figure dominante.
  La montée d'une jeunesse plus ouverte, la fin programmée du pétrole  ne sont pas sans jouer un rôle dans une possible mutation, un certaine modernisation de l'autoritarisme, comme on l'a dit. Jusque là, tous les princes confondaient les finances publiques avec leur deniers personnels.
   Une esquisse de progrès dans ce monde féodal, mais où la Rolex a un marché assuré, où les 4*4 de luxe ont remplacé le chameau, où se dessine au niveau des moeurs, une petite évolution au royaume.
      Il sera permis aux femmes d'avoir un permis. Après le vélo, on progresse. En Arabie Saoudite, les femmesprennent le pouvoir_. sont aussi autorisées enfin à voter pour la premiere fois. Mais attention, seulement aux municipales... C'est toujours ça, après le vélo à petite dose...et le fouet pour les stimuler.
   Quelques libertés se mettent en place peu à peu, sous la pression et la nécessité d'un avenir plus problématique.
    Comme le remarque Juliette Bénabent, Ultime liberté : pouvoir se rendre en famille à des événements sportifs... dans trois stades du pays, à partir de 2018. Il faudrait se réjouir de voir les femmes saoudiennes bénéficier de la magnanimité du prince Mohammed ben Salmane (MBS pour ses fans), qui avait déjà annoncé il y a quelques mois, qu’elles pourraient conduire à partir de juin 2018. Devant des investisseurs étrangers réunis à Riyad, le prince explique désormais vouloir « détruire » les « idées extrémistes » et revenir à « un islam modéré, ouvert au monde, ouvert à toutes les religions. » Dans son désir de développer le tourisme, le royaume wahhabite pourrait même autoriser les femmes (étrangères) à porter le bikini dans certaines stations balnéaires de luxe… La Saoudienne de la rue, elle, demeure intégralement voilée – même au volant de sa voiture –, sous la surveillance du Comité pour la promotion de la vertu et de la prévention du vice. Elle continue d'être soumise à la tutelle d’un homme pour voyager ou signer le moindre contrat, n’a pas le droit de faire du sport en public, et si elle est infidèle, encourt le fouet ou la lapidation. Encore un effort...
   Un très gros effort même.
            L'establishment religieux n'est pas près de s'effondrer au pays qui a vu naître le whaaabisme.
   Certains parlent d'une révolution de velours. Il est vrai que les riches princes mis à l'ombre ne souffrent pas trop du sort qui leur est fait. Au pays du luxe tapageur, on a mieux que la prison de la Santé pour les mettre à l'ombre. Et l'ombre à Ryiad n'a pas de prix..
   Qui peut prévoir ce que deviendra cet épisode de «Game of Thrones» du prince héritier, qui veut en apparence tuer le père?
  Difficile à dire, à l'heure des reconversions d'autant plus difficiles qu'elles ont tardé, des revers essuyés dans la région, auYémen notamment, et surtout dans le désordre qui s'installe sur les ruines de la Syrie, cette sorte de guerre froide qui se rallume entre sunnites et chiites, lourde de conflits nouveaux à venir, débordant la région.
       Avec l'Iran, rien ne va plus. Riyad a été un des principaux financiers de Saddam Hussein pendant la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988). Avec l'affaiblissement de l'Irak après la guerre du Golfe (1991), l'Arabie et l'Iran deviennent «les deux principales puissances régionales», relève Clément Therme, chercheur à l'International Institute for Strategic Studies (IISS), pour qui leur rivalité est d'abord «géostratégique». Riyad voit comme une menace pour sa propre sécurité l'influence régionale grandissante de l'Iran, avec les guerres en Irak et en Syrie, et la poursuite du programme balistique iranien. Pour l'Iran, qui s'estime encerclé par des bases américaines et menacé par les arsenaux constitués par ses voisins auprès des États-Unis, les missiles qu'il développe sont purement défensifs.
           Quels facteurs conjoncturels favorisent les tensions?
 «La première cause des tensions actuelles est liée à l'affrontement par intermédiaires entre l'Iran et l'Arabie Saoudite», estime Clément Therme, en citant les théâtres de guerres en Irak, en Syrie et au Yémen. Pour Max Abrahms, professeur à l'université américaine Northeastern de Boston et spécialiste des questions de sécurité internationale, la rivalité «saoudo-iranienne est devenue encore plus marquée» avec l'affaiblissement récent du groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak et en Syrie. Cette concurrence «est devenue le principe organisateur des alliances au Moyen-Orient, rappelant en cela la Guerre froide, qui partageait les pays en deux camps», estime-t-il. Pour Clément Therme, «l'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis a libéré les énergies anti-iraniennes dans la péninsule arabique» car Washington «a pris fait et cause (...) pour son allié saoudien», et contre l'Iran. Une attitude américaine tranchant avec celle de l'administration de Barack Obama (2009-2017), marquée par la signature d'un accord historique sur le nucléaire iranien."
                      Affaire à suivre...
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mercredi 15 novembre 2017

Linguistiquement correct

Une guerre pichrocoline?
                                        Accords et désaccords.
              Après la bataille de l'accent circonflexe, la querelle du prédicat, etc...voici la guerre ouverte contre la suprématie (grammaticale) du masculin, résidu d'un passé dont on veut faire table rase.

Sans doute pas la lutte finale...
  Les Hongrois n'ont pas ce souci et les Allemands osent utiliser le neutre pour désigner des personnes: (das Mädchen: la fille)
   A chacun son sexe... réel ou supposé. Outre-Rhin, le soleil est féminin (die Sonne) et la lune, masculin ( der Mond)
      Allez comprendre...
C'est que chaque langue a son histoire et sa part d'arbitraire..Le genre n'y échappe pas, qui ne concerne pas que les personnes.
     La grammaire de ma grand'mère va-t-elle se remettre de certains assauts furieux d'aujourd'hui, quand l'apprentissage des simples bases linguistiques devient si problématique
  Il faut d'abord aller aux urgences.
   Les combats sont engagés. Les premières salves ont été tirées par les plus offensif(-e)s.
Certain(-e)s sont monté(-e)s fissa au créneau, d'autres relativisent et appellent à l'armistice, certain(-e)s ironisent ou s'amusent doucement.
  Si on dit:
          La cafetière de mon quartier est une vraie philosophesse.
         L(e-a?) cha(t-tte) des voisin(+-e)s est gourmand(e).
         Dominique, Camille et Claude sont  cousin (-e??)s..
                Hum...c'est embarrassant...
     Bien sûr, une langue est chargée d'histoire et de culture, elle reflète toujours des préjugés d'époque...mais c'est l'usage qui l'a façonnée et des transformations continueront à se faire petit à petit, entérinées par l'Académie.
     Inutile de casser les codes par une opération commando.. La grammaire n'y est pour rien.:
   Certains sont remontés, dénonçant un coup de force historique. Les crispations sont à leur comble. 
 D'autres freinent de tous leurs fers: «Aucun débat à avoir là dessus, une règle de grammaire ne se change pas, même pour complaire les désirs de féministes frustrées». Un commentaire mentionnant l’accord dit «de proximité» longtemps usité en français est réfuté par l’argument: «Arrête de raconter des conneries, la grammaire ne doit pas changer». Plus bas, on songe aux dégâts à venir: «Comment débiliser encore davantage le peuple, en appauvrissant la langue».
      Certains ne se sentent plus: D’autres critiques dévastatrices portent ici et là des coups terribles à la «rééducation idéologique» à l’œuvre, mais on ne peut que constater le caractère composite de la résistance aux «féminazis»... Diable! aux armes citoyens?...
    La guerre est déclarée...contre les "macho-fossiles"du Quai Conti:
        En France, on ne plaisante pas avec la langue. Elle a son histoire, bien sûr, mais aussi son gardien : quai Conti, quarante académiciens dotés d’un bicorne, d’une cape, d’un habit vert et d’une épée veillent sur le bon usage du français avec une attention jalouse. Cette compagnie de lettrés tient son mandat du cardinal de Richelieu : les lettres patentes de Louis XIII consacrant son existence ont été enregistrées par le Parlement en 1637. Dans ce texte, Louis, roi de France et de Navarre, appelé par Dieu à la conduite de l’Etat français, proclame sa volonté d’enrichir la langue « de tous les ornements convenables à la plus illustre et à la plus ancienne de toutes les monarchies qui soient dans le monde ». L’Académie, conclut-il, aura pour mission de « rendre le langage français non seulement élégant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences ».

  Aujourd’hui, certaines féministes rêvent pourtant de bousculer ce bel ordonnancement linguistique régi par une institution vieille de bientôt quatre siècles. Le monde a changé, proclament-elles,"
       Nos cousins québécois prennent une distance diplomatique et plus apaisée par rapport aux radic(aux-ales):
       Le très sérieux Office québécois de la langue française évoque d’ailleurs, pour l’accord de l’adjectif, deux constructions : la règle « habituelle », qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin, et la règle de proximité, qui n’est pas « incorrecte grammaticalement »« A quand la France ? », demandent malicieusement les pétitionnaires d’Internet.
                                                                         Mais où instaurer l'égalité plus d'égalité en premier lieu? Dans les codes ou dans le réel?
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mardi 14 novembre 2017

L'appêtit de Drahi 

Il veut être partout
                                  Les yeux plus gros que le ventre
                                              Citizen Drahi est un boulimique, un empereur à crédit. 


                  Il expliquait devant une commission sénatoriale le 8 juin 2016 qu'il dormait plus facilement avec ses 50 milliards de dettes qu'avec les 50 000 francs qu'il avait empruntés à ses débuts, en 1991. Et pour cause, les banques continuent à le financer volontiers, elles lui proposent même de s'endetter encore plus qu'il ne le fait
       Merci les banques! Jusqu'à quand?..
   Des placements pas toujours très rentables mais avec retour sur investissement escompté en terme d'image.
     Depuis 2002, c'est l'envol. Une trajectoire aventureuse, qui pourrait rappeler celle de Jean-Marie Messier.
      Aïe! aïe! Les financiers commencent à perdre confiance. (*)
  C'est mauvais signe. Malgré le soutien de Netanyahu, au pays de son coeur.
             L'empire empire.
   Les cost killers sont appelés à la rescousse.
     Mais l'atypique aventurier financier ne sera-t-il pas victime de sa boulimie, pas seulement dans la téléphonie?
   Les paradis fiscaux ne suffiront sans doute pas à éviter la casse, pas plus que la ruse à la TVA réduite.
    Les critiques pleuvent. Plus dure sera la chute?
             Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel....
  Dur, dur! d'être un magnat multimédia, qui a souvent mal au portefeuille coeur en perdant un client.
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(*)    ...La surprise est que les milieux financiers ne réalisent que maintenant qu’Altice est une construction qui ne repose que sur la dette et les effets de levier. Dès le rachat de SFR, le groupe apparaissait comme une structure surendettée. La folie des acquisitions qui a suivi la prise de contrôle de l’opérateur français, tout comme les grands discours sur la convergence, n’étaient pas sans rappeler ceux de Jean-Marie Messier au temps de Vivendi.      De 33 milliards d’euros juste après le rachat de SFR, la dette du groupe atteint 51 milliards d’euros aujourd’hui. Le groupe, éparpillé dans des structures logées pour l’essentiel dans des paradis fiscaux (Luxembourg, Pays-Bas, Guernesey), n’a pas l’assise capitalistique pour contrebalancer cette montagne de dettes. Altice n’est qu’un gigantesque LBO (leverage buy-out). Tout l’empire repose sur les capacités opérationnelles des différentes activités, qui doivent payer les dettes et se racheter encore et toujours, pour assurer leur survie.... 
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lundi 13 novembre 2017

Dieu est-il en RTT?

Ou aux abonnés absents?
                            C'est la question que l'on est tenté de se poser bien souvent.
    Quand on voit comment "il" laisse se déployer la folie des hommes. Sous des formes parfois les moins imaginables.
      Une bibliothèque ne suffirait pas à en décrire le dixième, sans remonter jusqu'au problématique déluge, événement favorisé par un Dieu vengeur, selon les textes, pour faire un grand nettoyage terrestre. Bon débarras! On efface tout et on recommence à zéro avec Noë, sur du neuf, du costaud. Las! ça n'a pas marché longtemps...
     |Ça continue, et ce n'est plus un mythe. C'est le b******, et pas qu'un peu!
  Il suffit de jeter un oeil sur la situation actuelle en Syrie, de se pencher sur ce qu'est devenu Alep, la splendeur passée, et tant d'autres villes.  On a envie aussi de pleurer sur le sort du Yemen, devenu un chaos sans nom. Après l'Irak et l'Afghanistan.
   Le Liban est un dans une effervescence dangereuse, à la croisée de conflits qui le dépassent.
     Ce sont presque tous les pays du Golfe arabo-persique qui suscitent l'appréhension.
       Aux USA, la maladie des armes engendre un massacre par semaine.
          Etc, etc, etc.... On finit hélas! par s' y habituer.
 Depuis St Augustin, on s'échine à trouver des justifications à ces folies récidivantes, à rendre rationnel l'irrationnel. Le mal serait la contrepartie de la liberté des hommes, mis à l'épreuve. Il serait même nécessaire pour que le bien existe, comme l'estime l'armée des théologiens, comme le prône aussi Leibniz, qui ne s'embarrasse pas des détails; il s'agissait de sauver le Créateur, de sauvegarder son image. La théodicée devenait une tâche difficile: comment défendre l'indéfendable? Mais si Dieu est Dieu, s'il est tout puissant et s'il sait tout, même à l'avance, même le pire prévisible, pourquoi s'est-il mis à une tâche créatrice vouée à l'échec répétitif.?
    Mystère, dira-t-on. L'entourloupe est bien connue, pour contrer le scepticisme toujours émergeant, qui ne peut longtemps s'enfermer dans des paradoxes insoutenables.
     Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? disait Voltaire.
     Tous les théologiens, tous les idéologues de toutes les religions passées, présentes - et à venir - se sont heurtés ou se heurteront - au problème fondamental qui hante l’humanité depuis que celle-ci a pris conscience de son état : le problème de l’existence du mal. ..comment un dieu peut-il être à la fois bon et mauvais, puisqu’on suppose que le Bien, sacralisé et placé au plus haut degré de l’échelle des valeurs, est l’essence même de ce dieu ? Toutes les religions, tous les systèmes théologiques ont posé comme postulat l’existence d’un dieu infiniment intelligent, infiniment bon, et l’on ne comprend pas que, tout à coup, ce dieu bon puisse commettre le mal, ou tout au moins qu’il puisse permettre l’existence parallèle en lui, ou à côté de lui, d’un être infiniment intelligent, certes, mais aussi infiniment mauvais.» (Jean Markale)
  Débats insolubles et vains, qui nous enferment dans des impasses rationnelles et des querelles présupposant une foi. La question de fond..
      Ne doit-on pas conclure,  que l'humanité est encore ensauvagée, que l'humanité n'est qu'un vernis fragile qui peut sauter plus facilement qu'on ne le croit, mais qu'il est vital de renforcer sans relâche.   L'homme civilisé reste encore à construire. Sans fin. Une tâche autant individuelle que politique.
      Comme disait Nathalie Goulet, à propos du conflit du MO, J'ai peur que nos enfants et nos petits-enfants assistent encore longtemps à cette guerre fratricide en terre Sainte où le Dieu des 3 religions monothéistes est sensé demeurer.   Je crois que Dieu est en RTT ou que, comme beaucoup d'entre nous, il a renoncé à tenter de juguler la folie des hommes."
    Le téléphone ne fonctionne plus. Les SMS non plus...

Ce qu'est Alep devenue...
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dimanche 12 novembre 2017

A propos


__ En attendant les futures révélations paradisiaques...
           - Gérard Longuet peut être parfois très drôle. Pascal est optimiste.
           - Macron capitule. Pas de fatalité.
           - L'offshore, c'est cool.
           - In Trusts  we trust.
           - Pour ne pas débrancher les malades.
            - Ils se disent impuissants  face au capitalisme de casino.

__  Retour des mauvais démons en Italie?

__ La vacance de Mr Hulot: le lobby nucléaire.


__ Le système de santé est à revoir.

__ Le grand bluff de la pénurie de beurre.

__ Pour ne pas mourir idiot.

__ Les Chinois  désormais maîtres au pôle?

__  Macron, sauveur de l'Europe?
                       "Emmanuel Macron, qui a annoncé que sa première visite officielle à l’étranger aurait aussi Berlin pour destination, n’aura pour sa part pas à se renier : il a toujours affirmé son attachement à l’Union et n’a jamais esquissé de remise en cause profonde de ses politiques économiques et monétaires. Libéral et libre-échangiste, avec un vernis social, il est l’incarnation idoine d’un changement de forme pour une continuité de fond.     Le flou de sa profession de foi (« Je ne suis pas un européiste, pas un eurosceptique, ni un fédéraliste au sens classique ») et de son programme (« Une Europe qui protège les Européens ») n’a pas de quoi inquiéter au sommet de l’UE, tant sa foi dans le credo libéral est attestée. Lui-même est le produit assez pur des milieux politiques et financiers qui l’administrent directement ou indirectement – l’absence de toute mention des lobbies dans son programme étant d’ailleurs significative."
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