Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 27 mars 2017

Point d'histoire (2)

Traité de Rome (suite)
                       Des fonds baptismaux à la crise d'aujourd'hui
                                      Une Europe à reconstruire.
                             Sous l'impulsion de la Fondation Ford, Jean Monnet fut le véritable père prêcheur d'une nouvelle Europe intégrée sous l'égide des intérêts US, à la suite du Plan Marschall et des premiers accords économiques charbon-acier.
     Mais le (presque) inconnu fut celui qui fut l'architecte des premières moutures de la nouvelle entité en gestation fut Pierre Uri, jouant un rôle obscur et décisif et finit par convaincre Monnet, qui avoua;
      "Mon ralliement à l'idée de Marché commun doit beaucoup aux explications que me donna Uri" Cette conversion a permis d'ouvrir un nouvel axe de travail à ses partenaires européens et dès le mois de mai 1955, le Belge Spaak lui fait parvenir quatre pages de propositions regroupées sous le nom de Mémorandum des pays du Benelux aux six pays de la CECA sur lesquelles figurent pour la première fois la notion de "Communauté économique".
   Spaak, de Gasperi, Schuman, Adenauer...l'influence humaniste chrétienne joua un rôle fondamental dans le projet initial
    L'Europe se fit, à plusieurs vitesses, par étapes durement négociées pour aboutir aux Traités de Masstricht-Lisbonne, qui consacrèrent  l'ancrage néolibéral du projet, ouvert aux principes de l'OMC.
     Le peuple européen passa à la trappe.
   Comme le dit le prudent Jacques Védrine : On ne peut pas ne jamais tenir compte des peuples. 
    Il répondait à la révélatrice formule technocratique de Juncker   Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.
     Pour réparer le tissu déchiré, le projet compromis et les dérives successives de ce qui est devenu essentiellement un marché libéral sans projet politique, l'économiste J. Généreux propose quelques pistes qu'on peut juger, sinon complètes, du moins éclairantes pour sortir de l'ornière, sans renoncer à l'idée d'Europe, à rebaptiser, sans jeter le bébé avec le bain: 
                                                                                  ______ Mélenchon au pouvoir, ce sera lui qui renégociera tout au niveau européen ?   Ce sera d’abord celui qui s’affranchit de plusieurs règles stupides imposées par les traités européens. Mais, disons-le d’emblée, nous ne sommes pas des antieuropéens. Nous sommes aux antipodes du FN. Nous prenons toute la mesure des dangers qui pèsent sur l’Union européenne. Nous voulons engager l’effort nécessaire pour la sauver. Et nous refusons le discours nationaliste et simpliste du FN, qui martèle «l’euro et l’UE sont nuisibles alors sortons-en». Oui, nous exigerons une révision effective des traités, mais pas sous la forme d’un ultimatum.____Ce ne sera donc pas du «tout ou rien» ?  Evidemment non, puisqu’il ne s’agit pas de provoquer l’explosion de l’Union, mais de restaurer une logique de coopération entre les peuples européens. Mais pour sauver le meilleur de la construction européenne, il faut abolir le pire, à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. Là-dessus, nous serons intransigeants, car si on ne remet pas cela en cause, l’Union est condamnée. Il faut bien comprendre à quel point la zone euro a viré à la folie. Les gouvernements prétendument proeuropéens n’ont pas sauvé la zone euro avec leurs fameux plans de sauvetage. Ils l’ont massacrée économiquement et humainement. Faut-il rappeler comment les Grecs ont été traités ___Mais comment redonner de l’espoir à ceux tentés de tourner le dos à l’idée d’une Europe unie ? Il nous faudra expliquer encore et encore à quel point la gestion cyniquement égoïste et brutale de la crise explique cette montée de désaffection à l’égard de l’Europe. Car cette gestion a gravement abîmé le sentiment de solidarité et de communauté d’intérêts des peuples. Ceux qui l’ont mise en œuvre ont ouvert un boulevard aux nationalistes. Ouvrons les yeux : les gouvernements en place sont déjà tous sortis de l’Union européenne, puisqu’ils ne s’occupent plus que de sauver leurs meubles, leurs banques, leur balance commerciale, puisqu’ils ne veulent plus payer pour les autres, puisqu’ils ne veulent plus rien faire ensemble et pour tous.___Vous estimez que nous sommes promis au pire si on poursuit sur ce chemin…Oui, car notre Union est en voie de dislocation. La question n’est donc plus de savoir s’il faut sortir ou non d’une Union déjà morte. Elle est de savoir comment redonner un souffle à un vrai projet de coopération européenne. Au sentiment nationaliste xénophobe s’ajoute un sentiment des classes populaires qui ne sont pas spécialement xénophobes ou racistes, mais qui sont devant le constat que cette Europe-là n’est plus celle de la paix et du progrès. Elle est celle de la régression sociale et de la rivalité des nations. Pensez à la fameuse directive sur les «travailleurs détachés». On voit concrètement à quel point l’UE est une Europe de la mise en compétition des travailleurs les uns contre les autres. On voudrait faire naître le sentiment antieuropéen ou xénophobe qu’on ne s’y prendrait pas autrement.____En quoi votre vision de l’Europe est-elle différente de celle des autres candidats ?  Les Républicains ou En marche ? Ils ne veulent rien changer. Le FN veut tout casser et le PS croit aux miracles, espérant qu’un jour l’Europe sera à gauche toute et qu’un accord unanime pourra alors intervenir pour une refondation progressiste de l’Europe. N’oublions pas que la gauche était majoritaire à la fin des années 90. Mais c’était une gauche inspirée par «la troisième voie» du Britannique Tony Blair ou «le nouveau centre» de l’Allemand Gerhard Schröder. Une gauche persuadée des bienfaits du marché et qui n’a jamais mis en chantier la refondation démocratique et sociale de l’Union et de l’euro.___Qu’est-ce qui ne marche pas fondamentalement ? Evoquons le sujet de la monnaie unique. On a retiré aux Etats la possibilité d’agir sur le taux de change et sur la politique monétaire, et on n’a cessé de limiter leurs marges de manœuvre budgétaires. Par conséquent, les pays de la zone euro n’ont d’autre moyen de soutenir leur économie que de pratiquer un dumping fiscal ou salarial. Et quand tous les pays se livrent à cette course à la compétitivité au détriment de leurs voisins, à l’arrivée, vous avez juste une Europe enlisée dans la stagnation. Tous les économistes le savent : si on ne corrige pas ce dysfonctionnement majeur, l’euro est insoutenable.   ___Alors comment refonder cette Europe-là ? Il faut redonner plus de souplesse aux politiques budgétaires nationales, en tolérant l’endettement qui finance des investissements, en acceptant les déficits en phase de récession. Nous aurions aussi besoin d’un budget européen digne de ce nom, capable d’engager une politique industrielle européenne cohérente pour soutenir la transition écologique et l’innovation technologique. Il faut réformer la Banque centrale européenne de sorte qu’elle puisse financer directement la dette publique. Il faut surtout engager l’harmonisation fiscale et sociale pour bannir la pratique du dumping qui détruit l’Union.   Mais pourquoi vouloir désobéir aux traités européens ? Parce que c’est la seule manière de redonner du sens au vote des citoyens et de contraindre les autres Etats à la refondation de l’Union. Parce que la France est ce grand pays qui a le poids et la puissance nécessaires pour provoquer ce choc. Si on se contente de «prier» nos partenaires de bien vouloir négocier, rien n’avancera. Notre message est le suivant : la France, en tout état de cause, n’hésitera pas à prendre des mesures unilatérales si les négociations n’avancent pas.  Une fois au pouvoir, comment comptez-vous agir concrètement pour jeter les bases de cette nouvelle Europe que vous désirez ? Nous enverrons à nos partenaires et aux institutions un mémorandum qui sera rendu public, traduit et diffusé dans tous les pays de l’Union, expliquant la démarche de la France. Il n’est pas question de proposer une Europe taillée aux seules mesures de la France. Pas plus que nous ne conditionnerons notre participation à l’Union à la satisfaction d’exigences franco-françaises. Nous ne souhaitons que reprendre la route d’une véritable union des peuples, et non des marchands, fondée sur la coopération et la solidarité, et non sur la guerre économique, alors que nous sommes aujourd’hui en marche arrière vers la rivalité des nations. Nous ferons les concessions nécessaires, mais à condition que cela contribue à inverser le sens de cette marche.   Pas de mesures unilatérales ?  Bien sûr que si. Nous n’attendrons pas l’aboutissement des négociations pour contrôler les mouvements de capitaux afin de nous protéger contre l’évasion fiscale ou les produits financiers toxiques. Nous n’attendrons pas l’ouverture de négociations pour dénoncer le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) adopté en 2012, comme nous mettrons un terme à l’application des directives sur les travailleurs détachés. Nous mettrons fin à la libéralisation des services publics. Quant au commerce international, nous refuserons de ratifier les traités de libre-échange comme le Tafta avec les Etats-Unis et le Ceta avec le Canada, et nous ferons tout pour que l’UE parle enfin d’une seule voix à l’Organisation mondiale du commerce et que nous instaurions une forme de protectionnisme solidaire.  C’est la stratégie du rapport de force ? Oui. Et que risquons-nous en violant quelques articles des traités ? Rien. Un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Personne ne cherchera à pousser la France vers la sortie, car ce serait la fin de l’euro et la fin de l’UE.  Même pas l’Allemagne ?   Surtout pas, car elle est engluée dans une stratégie de croissance qui a tout misé sur les exportations. Et tant que l’euro est là, elle est protégée contre les dévaluations compétitives des autres grands pays européens. Au pire, la France risquerait des amendes financières pour avoir violé les normes budgétaires. Nous avons et les moyens de les payer, et la faculté de ne pas les payer.  ___Vous quitteriez l’euro ? Si nous n’avions le choix qu’entre la soumission sans conditions à des traités toxiques ou le retour à la souveraineté monétaire, nous demanderions au peuple français de décider. Mais nous avons un autre choix, car nous ne sommes pas dans la situation de la Grèce, et parce que personne ne veut que la France sorte de quoi que ce soit car, encore une fois, ce serait juste la fin de l’euro et de l’UE. La France, tout en restant formellement dans l’euro, peut prendre toutes les mesures et les libertés qui l’autorisent à mener une autre politique. C’est le meilleur moyen de convaincre bien d’autres partenaires, du Sud notamment, à nous imiter et à s’allier à nous pour refonder l’Union.    ___Que pensez-vous de la proposition d’un nouveau traité de démocratisation de l’Europe ? C’est une bonne et vieille revendication de la gauche. Mais dans l’état actuel de désunion, c’est juste un beau rêve. Et quand bien même nous aurions cette fameuse Assemblée parlementaire de la zone euro, quel serait son pouvoir d’inverser la marche de l’Europe si elle est constituée de députés majoritairement de droite ou de la fausse gauche centriste qui, à ce jour, a soutenu l’Europe des marchands ? Non, je crois qu’il faut surtout instaurer un rapport de force. Et vite : le temps presse...
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dimanche 26 mars 2017

Regards

__ Restaurer les droits sociaux en Grèce, une urgence.
           Une perfusion qui peut s'avérer mortelle.
                  Une fuite en avant continue. 
                            Une situation pour l'instant sans issue.

__ Business as usual en Fillonie
                 Question d'expérience?

__  On a oublié:  Madagascar 1947 : la poudrière coloniale.

__ On blanchit aussi en Russie.

__ Si Wall Street est en proie au doute, où va-t-on?

__  Les travailleurs détachés en France sont aussi… des Français !:

__ Birmingham: les limites du multiculturalisme anglais 

__  Ne cherchez pas : c’est la faute à Voltaire Poutine

__ Tout arrive! l'Allemagne plébiscite la France.

__ Avec Trump, la culture en prend un coup. Pas étonnant.
         "Jeudi, la Maison Blanche a publié le projet de budget du Président pour 2018. Il prévoit une explosion des dépenses militaires et sécuritaires, compensée par des coupes drastiques dans tous les autres ministères et agences fédérales. La diplomatie, l’aide au développement, la protection de l’environnement et la recherche médicale verraient ainsi leurs ressources amputées de 20 à 30%. Une vingtaine d’agences, dont le NEA mais aussi l’audiovisuel public et l’Institut des musées, verraient quant à elles leur budget purement et simplement supprimé.
            Pressentie depuis plusieurs semaines, l’annonce officielle a néanmoins médusé la communauté culturelle, prompte à rappeler que la contribution publique au domaine des arts est déjà extrêmement faible aux Etats-Unis. «Le budget du NEA est une goutte d’eau dans l’océan – 0,004% de toutes les dépenses fédérales en 2016 – mais il est absolument essentiel pour les artistes, les associations artistiques et les communautés où elles s’investissent», souligne Kenneth Fisher, le président de la Société musicale de l’université du Michigan."
              Par contre les dépenses militaires explosent.
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samedi 25 mars 2017

Point d'histoire

Il était une fois...le Traité de Rome
                                         Un anniversaire plus que mitigé.    ....Désenchanté
                                                                    Il y eut en fait plusieurs traités de Rome, des moutures différentes, avant d'arriver à une synthèse, socle des Traités futurs.



        C'était l'époque des pionniers, d'une aventure dont on entrevoyait peu les développements.
                 Sous impulsion américaine.
  Il y avait les prudents, les sceptiques et les enthousiastes, animés par un rêve fédéral: mis aujourd'hui à rude épreuve, certains estimant que cette Europe va disparaître si elle ne se réforme pas en profondeur.
      Elle semble en effet bien loin des projets de certains pères fondateurs et de l'esprit des textes, souvent en guerre contre elle-même.
     Certains en France s'opposaient à cette ouverture, comme  Pierre Mendes-France, qui entrevoyait les risques de cette aventure politique mal préparée ou prématurée. La France se trouvait alors handicapée notamment par le lourd passif algérien. Son discours reste fameux. De Gaulle accepta le risque, en faisant le pari d'un redressement rapide d'une France affaiblie.
   L'ombre de la guerre européenne hantait encore les esprits et l'on procéda de manière assez empirique , sans se poser la question de savoir si on ne mettait pas la charrue avant les boeufs, en misant sur une intégration économique pour créer les conditions d'une union de plus en plus politique. Le rêve de Monnet.
     Mais le fédéralisme rêvé est compromis.
     L'après-Junker n'est pas glorieux, l'euro-groupe ayant cédé aux sirènes financières et aux dogmes de l'ordolibéralisme.
      La concurrence non régulée a mis en péril un équilibre fragile et peu démocratique.
  La panne est flagrante, notamment avec le Brexit et d'autres périls en vue.
        Reste-t-il encore une dernière chance de relance sur de nouvelles bases renégociées, au-delà des égoïsmes nationaux et des forces centrifuges?
      Les 27 tentent de conjurer la fin annoncée de l’Europe :  "Le projet d’une « Europe à plusieurs vitesses », défendu par le couple franco-allemand, est révélateur de divergences de vue profondes"
                       Comment reprendre le contrôle?
         Les «atterrés» plaident pour «une grande bifurcation.
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:        __25 mars 1957 :
                                    "Ce traité cultive l'ambiguïté en ne se prononçant pas sur le débat essentiellement franco-allemand concernant l'instauration d'un protectionnisme à l'échelon européen (ce que l'on appellera plus tard : « préférence communautaire »). « Quand nous disions qu'il valait mieux, ne serait-ce que pour des motifs de négociation évidents, partir d'un tarif sérieux et obtenir des concessions en contrepartie de la part des autres pays du monde, le professeur Ehrardt, ministre de l'Économie et des Finances de la République fédérale, appuyé sur le succès remarquable de sa politique systématiquement libérale, nous rétorquait que le protectionnisme était un mal en soi, et une baisse de tarifs douaniers un bien en soi, même sans contrepartie négociée... », écrit dans ses mémoires Jean-François Deniau, l'un des négociateurs (L'Europe interdite)La ratification du traité ne va pas sans difficultés. D'éminentes personnalités s'y opposent, comme le député socialiste Pierre Mendès France qui craint que l'industrie nationale ne supporte pas l'ouverture des frontières et la concurrence allemande. Par contre, plus visionnaire, le général Charles de Gaulle, sollicité par ses proches d'y mettre son veto, refuse. Il écrit en marge du dossier : « Nous sommes forts mais ils ne le savent pas » (sous-entendu : n'ayons pas peur de nous ouvrir à l'Europe).
    Le traité de Rome sur la CEE entre enfin en vigueur le 1er janvier 1958. Il instaure un Parlement dont le siège est d'abord fixé à Bruxelles et une Cour de Justice établie à Luxembourg.
    Le pouvoir exécutif est confié au Conseil des ministres des pays membres. Mais la mise au point des décisions est déléguée à une Commission Européenne permanente, sise à Bruxelles, et dont l'influence ne va cesser de croître jusqu'à nos jours.
        __Mais il y avait un grain de sable:   une feuille blanche...
                                À l'instant solennel de la signature du traité de Rome, les ministres européens ne se doutaient pas que celui-ci se résumait pour l'essentiel à une liasse de feuilles blanches.
La veille, les rédacteurs, épuisés, avaient laissé les feuillets épars sur le sol de leur bureau, se réservant de les assembler plus tard. Mais entre-temps, les femmes de ménage découvrent le désordre. Zélées, elles jettent les feuilles volantes à la poubelle.
    Stupeur des fonctionnaires à la découverte du désastre. Ils courent à la décharge mais ne retrouvent évidemment rien. Comme il est trop tard pour tout réécrire et qu'un report de la signature déshonorerait l'hôte italien, on décide de ne réécrire que les premières et les dernières feuilles du traité, celles qui doivent être paraphées ou signées, en intercalant entre elles une liasse de feuilles blanches.
    Pendant toute la cérémonie, les officiels n'auront de cesse d'empêcher journalistes et ministres de feuilleter l'épais registre au risque de découvrir la supercherie."
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vendredi 24 mars 2017

La Chine et la mer

Mutation en cours
                                 De la grandeur maritime ancienne  à la montée en puissance d'aujourd'hui.
    Que la Chine cherche à étendre son influence maritime et à revenir en quelque sorte à sa puissance d'antan, dans un contexte totalement différent, n'a rien pour étonner.
      C'est le corollaire de la fulgurante montée de sa puissance industrielle et commerciale et de sa spectaculaire capacité exportatrice mondiale..
             On a oublié l'avance passée d'une Chine:navigatrice bien avant nous et à laquelle nous devons des inventions majeures.
        Entre le XIVe et le XVème siècle, la Chine se caractérise comme étant une puissance maritime régionale. Cette puissance repose notamment sur l’invention de la boussole et du gouvernail d’étambot qui furent "essentielles au développement des navigation fluviale et maritime en Chine""
        "La Chine est désormais une puissance à la fois terrestre et maritime, capable d’influencer ce qui se passe en mer depuis la terre: une puissance maritime libre d’adopter une stratégie maritime allant de l’avant. Les flottilles de la MAPL vont être vues de plus en plus régulièrement dans les ports asiatiques… et au-delà. Les relations entre la Chine et les États-Unis ne se feront plus entre une puissance maritime et une puissance terrestre, mais entre deux puissances maritimes."
       La Chine pendant près de 2500 ans a été un très grand pays, probablement le premier en terme d’économie:  Très tôt elle a des relations commerciales avec les Romains par voies terrestre et maritime. Jusqu’au XIIe siècle, la navigation en mer de Chine et dans l’océan Indien est un monopole persan et arabe.  La navigation côtière se développe cependant en Chine depuis le Xe siècle et les Song disposent d’une flotte de guerre.
   Par la suite, les Mongols de la dynastie Yuan (1276-1368) nationalisent le commerce maritime, et détruisent le système économique mis en place par les Song en multipliant droits et impôts. De 1368 à 1395, au début de l’ère Hong Wu des Ming, une réforme des taxes permet à des étrangers de s’occuper des échanges jusqu’à ce que le commerce privé soit interdit avec eux en raison de leur comportement répréhensible.
  De 1420 à 1431, l’Eunuque musulman de Zheng He va mener 7 expéditions maritimes en mer de  Chine méridionale et en océan Indien. Sa flotte de 317 navires comprenait plus de 60 baojians pourvus de 9 mats et qui auraient atteint 120m de long. Les architectes navals remettent en cause cette version, estimant que la taille maximum des navires ne pouvait dépasser de 60m pour des raisons de résistance de la structure, ce qui en fait tout de même les plus grands bateaux d’une époque où les caravelles de Christophe Colomb ne dépassaient pas 30m de long. Ces « bateaux trésors » étaient escortés par de nombreuses jonques de guerre.
   Contrairement à ce qui se produit en Occident à la même époque, ces voyages d’exploration n’ouvrent pas une ère d’expansion commerciale. Au contraire, n’ayant pas permis de rencontrer d’interlocuteurs dignes de dialogue, en 1436, un édit de l’empereur Zhu Qizhen (ère Ming Zhengtong) qui n’a que 9 ans punit de mort la construction de navires hauturiers à plusieurs mâts.
   Le grand livre de l’histoire maritime de la Chine se referme pour trois siècles, peu avant que les Européens n’atteignent la rivière de Canton en provenance de Malacca (1514) et que Magellan et Cano n’effectuent la première circumnavigation (1519-22).
   Au XVIIIe siècle, quand l’empire Qing est à son apogée, il comprend la Chine actuelle, la péninsule coréenne, l’Indochine, la Thaïlande, la Birmanie, le Népal, une partie importante de l’Afghanistan et les terres Kazakhes ainsi que l’île philippine de Palawan et l’actuel Sabah sur l’île de Bornéo.
   Il est intéressant de remarquer que la « Nation du Milieu » contrôlait alors l’ensemble de la mer de Chine méridionale, Taïwan ainsi qu’une des rives du détroit de Malacca, toutes zones qu’elle revendique aujourd’hui."
    Dans cette ascension rapide et renouvelée à nouveaux frais, va-t-elle supplanter les USA?
                             En tous cas, ceux-ci s'en inquiètent.
          Une nouvelle période géopolitique et historique est en cours en Orient.
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jeudi 23 mars 2017

L' ennui n'est pas mortel

  Il est juste seulement parfois ennuyeux    
                                                                  Nul n'y échappe 
     C'est l'état d'esprit le mieux partagé du monde, même s'il peut être pesant.
                        Sous des aspects les plus variés. Depuis l'ennui occasionnel de l'enfant à l'école jusqu'à celui, durable et profond, du viellard aux jours vides et routiniers.
       L'ennui ordinaire, non pathologique, tout nous pousse et nous incite à le combattre, surtout au coeur de nos sociétés marchandes er de "loisirs", qui jouent en permanence sur l'hyper ludique et incite à l'hyperactivité comme remède à l'ennui, jusqu'à occuper l'esprit démesurément, jusqu'à abolir tout recul critique.
    L'ennui est le plus souvent déconsidéré, associé parfois à la paresse, qu'il faudrait parfois réhabiliter, comme l'a fait Lafargue en son temps
    S'il n'est pas pathologique, dépressif et paralysant,l'ennui ordinaire, souvent bien opaque, peut être un excellent tremplin pour une recherche, un nouvel élan, une création.
    C'est pour cela qu'un enfant qui s'ennuie n'est pas toujours à réprimander, au contraire.
     Moravia en a fait une sorte de donnée existentielle, motrice d'une écriture... pas du tout ennuyeuse. (*):
     Mais elle est ambiguë, et parfois stérile ou invitant à l'excès.
            Mais on comprend qu'elle puisse être l'objet d'éloges, dans certaines conditions.
  L'ennui  n'est pas seulement dans nos états d'âme, il peut être engendré par notre milieu, répétitif et sans relief ou trop conforme, malgré la diversité'apparente. On peut s'ennuyer de tout, même d'une croisière aux Caraïbes.
___________Laissez les enfants s’ennuyer n'est pas toujours une mauvaise chose, laisser son esprit vagabonder et peut-être inventer, au milieu de tant de sollicitations ou d'activités imposées, qui neutralisent toute créativité.
      Philippe Duverger rappelle utilement que l’école n’est pas faite pour être divertissante, qu’un certain ennui y est inévitable, rigueur et concentration, qui y sont de règle, s’opposant au zapping imposé par la société. Mais n’est-ce pas précisément au cœur de ce zapping, entouré des objets de jouissance que sont ou que peuvent être les objets numériques, que l’ennui va le plus clairement peut-être manifester sa qualité d’affect subjectif et sa valeur symptomatique de refus ?
..... l’ennui n’est pas un phénomène nouveau dans l’institution scolaire, (que) seuls les comportements qui lui sont associés ont changé, et que les élèves qui, aujourd’hui, savent s’ennuyer poliment, n’ont aucun problème avec l’école !
                             Oui, le droit de s'ennuyer peut et doit être revendiqué, contre toute propention à saturer toujours et à tout prix l'existence.
    Inséparable de la condition humaine, il se révèle fécond chez maints écrivains, comme Flaubert, Proust, Pascal, Beckett, Moravia, Cioran....
      . Montaigne relève que l’écriture est un remède contre l’angoisse de lire. La lecture est en effet inséparable de l’ennui. Plus précisément, elle se pratique sur fond de vacuité : sur ce fond sans fond que Flaubert appelle « marinade ». Mais de quel ennui est-il question ? C’est selon. C’est pourquoi une  généalogie de la notion est ici nécessaire.
   Sénèque distingue l’ennui du chagrin. Ce dernier a généralement des causes précises, comme la douleur. L’ennui est plus vague et plus insidieux. Dans les Lettres à Lucilius, Sénèque voit bien que l’ennui peut aller avec l’agitation, et donc peut être une « activité oisive » : un divertissement impuissant à guérir de l’ennui. Comme remède à l’ennui, Sénèque propose l’activité qui remplit la vie, mais une activité sans se projeter dans l’avenir, une activité d’ici et pour maintenant. Parmi ces activités peut se situer l’écriture, non pas comme divertissement, non plus comme recherche esthétique (une création qui ne serait pas tout à fait une activité), mais comme art de s’appliquer dans l’effectuation des choses. Comme art, aussi, de gérer son emploi du temps. Car l’ennui, comme état de « plein repos » (Pascal), est le fond de la condition de l’homme. Quand l’homme est en repos, il repose sur quoi ? Sur rien. D’où la nécessité de se détourner du repos – d’un repos comme gouffre, d’un repos sans fatigue qui n’est alors qu’une chute. Corollaire inquiétant : si l’homme ne doit jamais être en repos, ne doit-il jamais faire retour sur soi ? L’état de réflexion serait en lui-même  source d’angoisse, de rupture de l’élan vital, d’acédie et d’ennui. C’est contre cette conception pessimiste – la lucidité inséparable de la dépression – que s’élève le janséniste Nicole. « L’ennui, soutient Nicole, touche l’âme quand elle est privée de cet aliment indispensable que sont pour elle les pensées » .
Pascal, de son côté, ne considère pas que les divertissements suppriment les côtés positifs de l’ennui que sont le sentiment de la gravité des choses et de la fragilité de notre être dans le monde. La légèreté du divertissement n’est pas une faute : elle protège, et c’est tant mieux, contre l’excès d’angoisse. C’est au fond une  forme de lucidité que de rechercher le divertissement. Il faut savoir « être superficiel par profondeur », comme Nietzsche le disait des Grecs. En d’autres termes, pour Pascal, c’est parce que l’ennui a sa place, mais ne doit avoir rien que sa place, que le divertissement a aussi sa place....
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(*) ...Son ennui, on l’a dit, n’est pas le contraire de l’amusement ou du divertissement. Il est insuffisance, voire carence totale de réalité. Il ne vient pas de l’intérieur mais d’un manque de rapports avec l’extérieur, d’une incommunicabilité radicale entre le sujet et le monde, d’une impossibilité ontologique à établir un lien quelconque entre les choses et lui: «La sensation de l’ennui naît en moi de l’impression d’absurdité d’une réalité insuffisante, c’est-à-dire incapable de me persuader de sa propre existence effective». D’où probablement le choix de la peinture abstraite. Apathique et renfermé, il est muré vivant en lui-même comme dans une prison hermétique et étouffante. Jusqu’au jour où il est distrait du vide de son atelier par une jeune modèle, Cécilia, qui posait pour – avant de coucher avec – un vieux peintre voisin de palier. Une relation si intense que le vieux en est mort. Intrigué par ce suicide déguisé, Dino essaie de comprendre les motivations d’un homme qui s’est servi érotiquement d’une adolescente pour hâter sa fin. Inconsciemment d’abord, puis de plus en plus lucidement, il va marcher sur les traces du vieux peintre et décider d’entamer un"...
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mercredi 22 mars 2017

Points de vue

__ Où va la Corée du Nord:?

__  Conservatisme russe: une constante historique?

__  Général McMaster: nouveau stratège de l'empire US.

__ Les perturbateurs endocriniens menacent notre intelligence.

__  UBS encore sur la sellette.

__ Pour certains, la gauche creuse son tombeau.

__ L'homme au coeur de  propagande pro-Trump .

__ Fukushima, catastrophe  sans fin.
          Après le déni, le gouvernement japonais reconnu coupable de négligence..
                      Qui va payer la facture?

__ Bernard Arnault: toujours plus haut.

__ Trump s'en prend aux petits vieux.

__ En Arabie Saoudite, on ne regarde pas à la dépense.
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mardi 21 mars 2017

Dettes, encore...

Toujours sur le tapis
                                    Tandis que Ubu règne toujours à Athènes, des voix se font entendre, de plus en plus nombreuses,, pour appeler à renégocier le problème des dettes accumulées, amplifiées par la crise et les exigences des institutions financières. Les débats prennent un tour plus vif notamment  vis à vis de la prétendue épineuse dette grecque. dont on sait maintenant qu'elle ne pourra jamais être remboursée.(*)
    Effacer l'ardoise, cela s'est déjà pratiqué dans le passé, même récent, notamment plusieurs fois à l'égard de l'Allemagne.
    L'expert suisse  Marc Chesney  montre les mécanismes de la constitution de la dette, notamment due aux excès de la finance casino, le rôle des banques et les liens entre dette des États et crise financière.
    Aujourd’hui, une aristocratie financière a pris le pouvoir au détriment du reste de la population, dénonce-t-il, tout en proposant des solutions innovantes comme une taxe sur les transactions financières.
   Mais est-cee suffisant?
      Michel Rocard: en son temps avait bien montré que de 1901 à 1973 la Banque de France a financé l’État sans intérêt. Si c’était encore le cas, notre dette serait 17% du PIB 
       Comme l'énonce Anne-Laure Delatte,"Il faudrait commencer par restructurer les dettes publiques des pays de la zone euro où elles pèsent le plus (au moins celles de la Grèce, de l’Italie et du Portugal). Retarder les échéances de remboursement des dettes donnerait de l’air aux finances publiques. Ensuite, il sera difficile de stabiliser la zone sans mettre en place des mécanismes de transfert automatiques et permanents entre les États. C’est ce qui existe entre les États américains, pourquoi pas dans la zone euro ? L’Union budgétaire a longtemps été un sujet tabou en Europe mais, en janvier dernier, le Trésor français a fait un pas en recommandant un budget commun européen pour financer l’investissement public et rendre ces transferts possibles. Cela impliquerait de lever un impôt européen et d’accroître le pouvoir de contrôle du Parlement européen.
   Bref, deux routes bien distinctes se présentent à nous : soit un retour au franc dont on espère un gain de compétitivité, mais avec des effets très déstabilisants sur la dette des entreprises et une autonomie très relative de la politique économique ; soit on conserve l’euro, mais alors il faut achever le projet et donner une dimension politique à la monnaie européenne. Ces deux options ont le mérite d’être claires.
       Le problème est donc plus politique que purement économique et il n'y a pas que la dette grecque, finalement assez mineure par rapport au budget européen.
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-(*)   Eléments d'argumentaire pour l'annulation de la dette grecque:
                         ____Le problème de la dette publique , au centre de l'Europe, fait  rarement l'objet d'une analyse sérieuse et historique
_"L'endettement public et la dette publique proprement dite ont un passé très riche, très haut en couleurs, et qui pourrait être plein d’enseignements. Ils sont étudiés, certes, mais pour eux-mêmes, de façon érudite, ce qui est légitime ..., mais sans beaucoup d’efforts comparatifs..".
     _Le débat est dans une large mesure confisqué ou dénaturé, réduisant souvent  l’État social à un fardeau improductif reporté de génération en génération...
    La dette est devenue un épouvantail commode.   
En ces temps actuels de crise, le passé du continent s'estompe, de même que les raisons qui avaient conduit Jean Monnet ou Alcide de Gasperi à créer l'Europe. Les responsables semblent ne réagir qu'en financiers préoccupés de leur pré carré, soucieux de gagner du temps, alors qu'on les attend en politiques, visionnaires et Européens..."
     Les problèmes économiques qui en découlent dans les pays subissant un étranglement monétaire, selon M.Wolfpourrait briser les sociétés, les gouvernements, voire les Etats.
     ."Le recours à l’emprunt ou, plus précisément, à l’argent extérieur aux circuits de dépôts monétaires contrôlés par l’administration française des Finances, n’est qu’une option parmi d’autres au sortir du second conflit mondial. Les marchés financiers internationaux et la compétition entre États pour s’y financer sont (à une époque) inexistants. La notion même « d’endettement » de l’État ne s’est ré-explicitée en France qu’avec la réémergence, à partir des années 1970, des marchés obligataires. Si la dette est faible en volume à l’époque, ce n’est pas exclusivement à cause des faibles déficits mais c’est aussi parce que le Trésor dispose d’une palette d’instruments variés qui rendent marginal l’appel à l’emprunt, au demeurant techniquement peu développé. Les dispositifs de trésorerie de la reconstruction sont tournés avant toute chose vers la garantie d’un financement sécurisé et régulier des dépenses publiques considérées comme nécessaires à l’expansion économique et à l’objectif de « plein emploi ». L’État finance ses découverts passagers en drainant de l’épargne et en collectant les ressources monétaires de son propre réseau, à la fois des particuliers mais aussi des institutions bancaires..."
___De Mirabeau aux Trente Glorieuses, le problème de la dette est récurrent, résolu de manières souvent très différentes (1), ce qui montre qu'il n'est pas du domaine de l'inéluctable, qu'il n'a rien à voir avec un phénomène naturel.
____Aujourd'hui, on peut se  référer au deux extrêmes, l'Allemagne et la Grèce, où semble jouer le principe deux poids, deux mesures, si on se réfère à l’annulation de la dette d'une Allemagne ruinée , il y a à peine 60 ans...
"... Après la seconde guerre mondiale, de multiples conditions ont été réunies pour permettre à l’Allemagne de l’Ouest de se développer rapidement en permettant la reconstruction de son appareil industriel. Non seulement la dette contractée par l’Allemagne en-dehors des deux guerres mondiales a été réduite de plus de 60%, mais le règlement des dettes de guerre et le paiement des réparations aux victimes civiles et aux Etats ont été reportés à une date indéterminée : de fait, à la réunification allemande qui est intervenue en 1990 et au traité de paix qui a été signé à Moscou la même année entre les autorités des deux Allemagnes en cours d’unification, les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France. Le poids des réparations sur l’économie allemande a donc été longtemps différé. Et dans le cas des réparations dues à la Grèce, celles-ci n’ont pas représenté le moindre effort de la part de l’Allemagne puisque les autorités allemandes refusent de donner suite aux demandes grecques. 
A la différence de ce qui s’était passé à l’issue de la première guerre mondiale, les puissances occidentales ont voulu après la seconde guerre mondiale éviter de faire peser sur l’Allemagne le poids de remboursements insoutenables car elles ont considéré qu’ils avaient favorisé l’accession du régime nazi au pouvoir. Les puissances occidentales voulaient également une Allemagne de l’Ouest forte économiquement (mais désarmée et occupée militairement) face à l’Union soviétique et ses alliés. Rien de tel n’est de mise avec la Grèce et les autres pays de la Périphérie au sein de l’Union européenne.
      Pour atteindre cet objectif, non seulement le fardeau de la dette a été très fortement allégé et des aides économiques sous forme de dons ont été octroyées à l’Allemagne, mais surtout on lui a permis d’appliquer une politique économique tout à fait favorable à son redéploiement. Les grands groupes industriels privés ont pu se consolider, ceux-là mêmes qui avaient joué un rôle clé dans l’aventure militaire de la première guerre mondiale, dans le soutien aux nazis, dans le génocide des peuples juifs, tsiganes…, dans la spoliation des pays occupés ou annexés, dans la production militaire et l’effort logistique gigantesque de la seconde guerre mondiale. L’Allemagne a pu développer d’impressionnantes infrastructures publiques, elle a pu soutenir ses industries afin de satisfaire la demande locale et de conquérir des marchés extérieurs. L’Allemagne a même été autorisée à rembourser une grande partie de sa dette dans sa monnaie nationale. Pour rendre cela concret, il suffit de réfléchir à la situation qui a suivi l’accord de Londres de 1953. L’Allemagne rembourse par exemple à la Belgique et à la France une partie de ses dettes de l’entre deux guerres en deutsche marks. Ces deutsche marks qui n’avaient pas d’intérêt dans les échanges avec le reste du monde, Belges et Français ont essayé de s’en débarrasser rapidement en achetant des marchandises et des équipements fournis par l’économie allemande et contribué à refaire de l’Allemagne une grande puissance exportatrice.
       De leur côté, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, la Slovénie et les autres pays périphériques de la zone euro doivent rembourser leurs dettes publiques en euros alors qu’ils en manquent vu leur déficit commercial face aux pays les plus forts de la zone euro. Dans le même temps, les puissances qui dominent la zone euro les obligent, via la Commission européenne et les traités adoptés, à mener des politiques qui les empêchent tant de satisfaire la demande de leur marché que d’exporter. S’ils veulent quand même réussir à exporter, ils sont poussés à réduire encore plus les salaires, ce qui comprime un peu plus la demande intérieure et accentue la récession. Le programme de privatisation achève de porter des coups à leur appareil industriel, à leurs infrastructures et à leur patrimoine en général..."
                 [-Texte original-]
   Mme Merkel et Mr Schäuble, bitte, un peu de mémoire, de bon sens et d'intérêt bien compris.!
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lundi 20 mars 2017

Et sI...

....C'était ça, la  guerre du futur?
                                    Celle qui se fera avec des bâtons et des pierres.

... On arrêtait de parler des "valeurs" à tous bouts de champ?
                     C'est comme les droits de l'Homme mis à toutes les sauces.

... Les araignées étaient des plus utiles?

... On reparlait de la CIA...et de la surveillance généralisée?

... L'euro n'était plus une monnaie unique, mais commune?

...  Une sortie de l’euro était possible ? profitable ? Dans quelles conditions?

             Ou une idée pour l''instant périlleuse?

... On devait parler d' horreur financière
                                             Ou de finance prédatrice?

... Le succès en maths dépendait de la maîtrise du français?

... La  Valls-hésitation prenait fin?

... La châtelain n'avait pas eu le le goût inconsidéré des belles choses?

... .L’Europe fonctionnait (un peu plus) « à plusieurs vitesses »?

... On se donnait les moyens de contrer les évadés fiscaux?

....Marine Le Pen était présidente?...
                                                         ...  Marine Le Pen, contrairement à d’autres candidats, n’annonce pas de VIe République ou de changement de régime. Comme le dit Paul Alliès, professeur émérite de science politique à la Faculté de droit de Montpellier dans un billet de blog publié sur Mediapart, « le régime de la VeRépublique est parfaitement compatible avec sa conception césariste de l’exercice du pouvoir »...
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dimanche 19 mars 2017

Campagne de 1917.

Il y a cent ans: une année charnière.


 
                     19 Mars 1917rien de particulier à signaler, vu de Paris...
        Ailleurs, entre deux accalmies, les engagements meurtriers ne cessent pas, dans des espaces parfois lunaires.
    Une année (encore) terrible en fait.
Entre épuisements,  démoralisations, révoltes, mutineries et espoirs.
        Se préparent le Chemin de Dames, l'Artois, la Champagne, saignant  un peu plus des troupes déjà si décimées.
   Verdun et la Somme ont laissé à vif leurs terribles cicatrices.
Des mois qui s'éternisent, sans que les lignes changent beaucoup, pour des gains dérisoires.
   Comme on le constate ici.
       Mais des forces souterraines préparent un effondrement et une fin encore attendue.
                 Un horizon qui s'entrouvre au milieu de l'enfer vécu au ras de la boue et de la mitraille, de cette course au désastre. inouïe, cette marche de somnambules.
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samedi 18 mars 2017

Cherche donateur

Appel:
            Mes vieux jeans sont élimés, mes survêtements tout juste bons pour faire du jardinage et mon costume de marié ne me va plus depuis longtemps..
        Avec ma retraite qui n'a pas augmenté depuis dix ans, je ne peux m'offrir le luxe d'aller consulter un  tailleur, surtout (trop) connu.
    Kiabi, c'est bien, mais ça ne dure pas.
       Je sais, l'habit est purement conventionnel
   Il ne fait ni le moine ni le présidentiable, mais il faut quand même bien tenir son rang, ou ce qu'il en reste, de temps en temps.
    Si quelqu'un pouvait faire un geste, je lui en serais reconnaissant.
         En restant dans les limites de la décence, bien sûr. Je ne veux pas faire jaser et je ne suis pas châtelain.
       Du Hugo Bossqui habilla les plus grands, beaucoup moins cher que du Arnys (je ne suis pas un gentleman!), me conviendrait.
                 C'est vous qui voyez.
Mais je vous demanderais d'être discret,  d'avoir l'amabilité de régler la note en petites coupures, de manière anonyme, sans réclamer de factures.
       Je n'ai pas envie d'avoir la visite de mon percepteur, encore moins celle d'une commission d' enquête financière. Même sans ambition, je tiens à ma réputation et ne veux pas sombrer dans le bling-bling. Mes voisins me remarqueront. Et alors ?!...
    D'avance, merci!
       Comme pour mon grand père, ce sera le seul costume qu'il me sera donné de porter jusqu'à l'entrée solennelle dans ma dernière demeure, car je ne l'utiliserai qu'aux grandes occasions (mariages, etc..), surtout pas lors des périodes électorales.. Même pas à la messe, où je ne vais plus.
     Donate, please!
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