Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 20 septembre 2017

Oui, c'est possible!

Merci à Challenges
                           De nous présenter le palmarès des plus belles fortunes de France, qui réjouit les coeurs.
       Il n'y a pas que des fainéants et des assistés dans notre pays; il faut le dire.
    Pour être (très) riche, il suffit de le vouloir.
           Ce n'est pas moi qui le dit.
   Les  self made men en sont d'ailleurs de brillantes démonstrations.
       On ne va pas leur faire l'injustice de les écraser avec l'ISF.
                     Laissez-les vivre!

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Globish(s) à tout faire

Il y a l'anglais et il y a le globish.
            Ou plutôt des globishs, plus ou moins jargonnant.
     Celui de la rue et celui de l'ingénieur ou du pilote de ligne, celui du touriste ou celui du fonctionnaire de Bruxelles.
     Celui qui peut être occasionnellement utile, à l'heure de la mondialisation, et celui qui sert surtout à frimer ou à "faire moderne", celui du faste foude ou du hairdresseur de mon coin.
      L'influence d'Outre-Manche , le soft power des USA est passé par là et a conquis les esprits au delà du raisonnable. Et le phénomène s'accentue very quickly dans des domaines de plus en plus étendus de la vie commerciale, technique, publicitaire... Dans certaines grandes entreprises comme dans les banques, même dans les relations internes, le globish  tend à devenir le new langage de la com', comme si la langue de Malherbe était devenue le  patois d'un autre temps. Cette frénésie peut aller, dans certains milieux  jusqu'à un certain mépris de la langue de nos pères.
     Comme disait Churchill, qui connaissait la richesse de sa langue, «l’anglais est une langue facile à parler mal»
     Un peu de globish, ça va...trop de jargon pseudo-anglo-américain, bonjour le délire.
  D'autant que l'anglais est un monde linguistique multiforme: du Pakistan à l'Arkansas, en passant par Canberra, il n'est pas sûr que l'on se comprenne.
    Et si on en venait à la langue de Molière, plein de ressources, qu'on parle souvent mieux à Dakar qu'à Aubervillers?
   Pour les laudateurs inconditionnels de ce sous-produit linguistique international, c'est le nouvel espéranto de demain, Dans la rue de ma PVP (petite ville de province), fleurissent de plus en plus des enseignes en pseudo-shakespearien. Le coiffeur s'y met aussi ainsi que des artisans ayant jargon sur rue.
  Une étonnante novlangue envahit nos revues, nos avenues et même nos campagnes.
       Le tout-anglais à l'école, le plus tôt possible, comme le préconisait le très moderne Luc Chatel, quand la langue française s'est réduite à ce point, c'est de la folie et un échec programmé.
   Brexit ou pas, il serait temps d'entrer en résistance contre cette voie absurde, quand on sait qu'on apprend vite et bien une langue étrangère quand on maîtrise bien la sienne. Pourquoi ne pas commencer au berceau et confier une nouvelle mission éducative aux baby-sitters gardiennes d'enfants? Histoire de mieux préparer l'entrée à l'université...
     Défendre le français, comme nos amis du Québec, n''est pas honteux. La langue n'est pas qu'on outil, mais un véhicule de la pensée qui se forme et se forge en parlant.
  L'anglomanie gagne les hautes sphères. A Bruxelles, la dérive est évidente, comme le déplore un journaliste habitué des lieux:
                  Le monolinguisme, l’un des traits les plus significatifs de la « Bulle européenne »:Par négligence et lâcheté, les dirigeants de l’Union et les fonctionnaires de Bruxelles ont laissé choir le multilinguisme et n’usent pratiquement plus que d’un seul idiome… L’anglais ? Que nenni. « À Bruxelles, c’est le globish qui règne en maître, une forme appauvrie à l’extrême de la langue de Shakespeare qui permet tout le monde de communiquer sans problème » (p. 155). Cet idiome est semé de néologismes propres à la Commission au point qu’il a fallu publier un dictionnaire des correspondances entre le mot anglais et sa traduction en globish bruxellois (comme for example au lieu de for instance).____Il ne s’agit pas d’un trait secondaire ! « La langue n’est pas neutre, rappelle Jean Quatremer. Elle véhicule des valeurs et des concepts et, surtout, seule la langue de naissance permet de communiquer au plus près de sa pensée : ce n’est pas un hasard si un Américain, un Chinois ou un Japonais ne négocie jamais dans une autre langue que la sienne » 
        L'usage inconsidéré du globish n'est pas neutre
           L'anglais oui, mais l'anglomanie généralisée, galopante, déjà décriée au 19°s. est une erreur. Une bêtise.
    Ce n’est pas l’anglais qui nous menace, langue belle et difficile au demeurant, c’est l’anglo-folie généralisée, le globish imposé, qui est aussi une américanolâtrie naïve, dont se moquent nos amis anglophones.
   Même le  New-York Times s'étonnait de  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France" 
      "Cette discussion sur la place de l’anglais par rapport aux autres langues est assez vaine. Si l’anglais est dominant dans le monde, c’est parce que les Anglo-saxons forment la plus grande puissance, tout simplement. Du temps de Napoléon, toute l’élite européenne parlait le français. C’est l’histoire qui détermine la diffusion d’une langue, c’est-à-dire de la culture de la puissance dominante du moment.
 Le véritable danger du globish est sa simplicité. Il s’agit de la novlangue d’Orwell. La simplification signifie que la langue devient essentiellement utilitaire et qu’il est malaisé de manier les concepts. En d’autres termes, le débat d’idées devient quasi impossible dans un idiome réduit à la syntaxe sommaire....
        -"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca.
                         -« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner.
    Demain, c'est le  "team building" des députés macroniens. Qu'on se le dise! 
          Je vous laisse, j’ai un focus group sur le workflow et c’est plutôt touchy.

                                 Hey guys, lose the frogtalk and speak a real language!       

   Fuir le ridicule, qui ne tue plus, retrouver le bon sens, le plaisir de sa langue, ne serait pas superflu.

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mardi 19 septembre 2017

Se faire berner?

       Stéphane Bern est un toujours jeune homme sympathique, volubile et au sourire sempiternellement commercial.
     Très aimé du grand public friand d'histoire anecdotique ou frivole, des personnes du troisième âge ou moyennement cultivées.
         Une grande figure qui monte, depuis Prosper Mérimée
             L'animateur-étoile TV-isé Stéphane s'élève dans le ciel de la macronie, bénévolement missionné.
       En charge du patrimoine , s'il vous plaît.
             Mais des esprits chagrins, prompts à la critique, peut-être jaloux, disent que ce choix est un très mauvais symbole, notamment pour le monde de la culture et de l'histoire. Alors que la France compte de nombreux professionnels qui travaillent depuis des années sur le patrimoine, qui mènent des recherches exigeantes et sérieuses, qui réfléchissent en profondeur sur ce sujet, Emmanuel Macron choisit de confier un dossier aussi capital à quelqu'un qui n'a strictement aucune compétence en la matière. C'est désastreux. C'est une vraie gifle adressée aux professionnels qui travaillent dans l'ombre sur ces thématiques. 
        Mais au-delà du symbole, et du manque de compétences de Stéphane Bern, ce choix est également assez inquiétant. D'abord parce que les questions de patrimoine sont loin d'être anodines. Les enjeux sont très importants : il s'agit tout simplement de faire le tri, de choisir ce que notre société doit valoriser de son passé, et donc ce qui ne le sera pas ou le sera moins. Il s'agit donc aussi, par ce choix, de mettre l'accent sur certaines valeurs plutôt que d'autres. Or Stéphane Bern n'a pas de réflexion distanciée sur ces sujets. Et il est tout sauf neutre idéologiquement dans sa manière d'appréhender le passé, l'histoire de France et même le présent.
       Stéphane Bern ne s'est jamais caché. Il a toujours indiqué qu'il aimait "l'ordre et la monarchie", et qu'il était partisan du "roman national", qui n'est rien d'autre qu'une fiction identitaire faite de héros et d'épisodes forts mais idéalisés. Sa vision de l'histoire et du patrimoine est donc une vision étriquée et orientée. Stéphane Bern est l'un des symboles des "historiens de garde", ces histrions - pour la plupart des essayistes -  qui font de l'histoire un terrain d'amusement et qui se servent de leur visibilité médiatique pour mettre en avant un discours politique orienté clairement réactionnaire, défendant une vision apeurée de la France et de son histoire."
                                                                     Dur! dur! d'être un communiquant...
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Précarité ici et là-bas

Un spectre hante l'Europe...
                            Et d'autres pays, qui ont été touchés par la crise qui fait toujours subir ses effets.
   Il y a toujours eu une part de précarité, subie ou assumée (travail partiel), mais en cette période, elle prend une ampleur inédite et la  crainte du déclassement, au coeur des emplois autrefois les plus assurés, comme dans la poste et l'hôpital, est largement partagée.
    Personne ou presque ne peut plus se sentir à l'abri de cette menace, comme aujourd'hui dans le secteur bancaire où dans le monde industriel, qui fond comme neige au soleil, se déplace, ou opère de violentes mutations, sous les exigences le plus souvent financières, actionnariales, pour la plus grande satisfaction des employeurs,
     Marginal autrefois, le phénomène gagne et est au coeur des préoccupations de nombre d'actifs.
   En France, il est au coeur de nombreux débats.
      En Allemagne, malgré le discours officiel, le travail précaire gagne du terrain. Un quart de la population n'a pas de contrat de travail normal. Un choix revendiqué depuis les lois Hartz, largement critiqué même par des économistes allemands. Des chiffres qui ne sont prés de baisser. A part ça, Berlin "va bien..." . Un "modèle" officiellement ou tacitement revendiqué en France.
    Le Royaume-Uni a largement ouvert la voie. Mais on y parle de "progrès", malgré l'invention des contrats zéro heure, multipliant les contrats ultra-précaires. Une flexibilité maximale, saluée par les grandes entreprises.
        C'est toute l'Europe qui est touchée.
    Et au-delà. Aux Etats-Unis, le travail précaire est une manne, la précarité devient une norme. Le  Japon n'échappe pas à la tendance.
    Les chiffres, même approximatifs et changeants, ne mentent pas, malgré la diversité des situations. La précarité a bien des incidences, notamment en matière énergétique.
     Un phénomène qui ne faiblit pas et dont de nouvelles formes sont mises en place, au gré d'un marché du travail aléatoire et cahotique, bousculée par les nouvelles technologies et par une mondialisation erratique, qui engendre crainte et démotivation, parfois désespérance ou fatalisme résigné.
     La précarité serait-il devenu un régime normal?
          Notre nouveau code du travail n'est-il pas destiné à l'amplifier?
    Le procès fait aux contrats aidés va forcément y contribuer.
           Mais ce n'est pas une fatalité. 
       L'austérité est passée par là, qui, comme finit par le reconnaître le FMI, nuit beaucoup plus que prévu à la croissance. On s'enferme dans un cercle vicieux rarement dénoncé, qui renforce une montée inédite des inégalités, facteur de stagnation ou de régression, la rente prenant le pas sur l'investissement productif.
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lundi 18 septembre 2017

Franchise

Merci Mr Xavier Niel,

     De participer et d'avoir dit tout haut ce que beaucoup de patrons de presse pensent très fort tout bas.

           Le pouvoir n'est pas toujours là où on le pense....



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Guerres américaines

Quasi ininterrompues.                                             [Notes de lectures]
                                                De la guerre du Mexique à celle d' Afghanistan, en passant par celle du Vietnam, les armées des USA seront restées peu de temps au repos. Sans évoquer la longue guerre pour la conquête et l'extension du pays.
   Comme disait le général Patton, "De tous temps, les Américains ont aimé se battre...Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n'en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu'il arrive. C'est pour ça que les Américains n'ont jamais perdu une guerre. Et c'est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l'idée de perdre est intolérable aux Américains. 
           C'était avant le tragique fiasco vietnamien et le bourbier afghan.
   Une histoire qui se répète cependant, comme le reconnaît  Ken Burns, " Nous faisons toujours les mêmes choses, nous passons notre temps à faire la guerre. Nous n'apprenons pas."                          Comme pour tout empire, la guerre, proche ou lointaine, est consubstantielle à la politique étrangère des USA, favorisée par la recherche de l'influence, du leadership, de la puissance. Soutenue aussi par une certaine culture des armes ancrée très tôt, largement partagée, justifiée par le Deuxième Amendement et largement encouragée par des lobbies puissants. 
   _____Dans son étude, l'historien Thomas Rabino explique que "la rupture du 11 septembre est d'abord psychologique" , mais également révélatrice de ce lien très particulier que le pays entretient avec la guerre. C'est à partir de ce lien qu'il est possible d'obtenir des clés de compréhension majeures sur le 11 septembre, mais aussi les Etats-Unis. Comme tous les grands empires, la guerre fait partie de l'histoire du pays. En effet, une puissance se construit économiquement, mais aussi militairement. Mais l'auteur va plus loin. Le pays lancerait une campagne de guerre tous les quatre ans en moyenne depuis 1774 (date de sa formation), ce qui permettrait de comprendre le caractère violent de la culture américaine, l'influence des entreprises d'armement ou encore l'importance du budget de la défense. Surtout, le 11 septembre, ainsi que les guerres qui en ont découlé, ne sont que des nouveaux épisodes d'une dynamique bien connue et rodée du pays : "les guerres américaines font les Etats-Unis d'aujourd'hui, et feront les Etats-Unis de demain..." 
  ______     Avant lui , Noam Chomsky  "met en relief la nature belliqueuse de la politique étrangère américaine, contrairement au discours classique de défense des libertés et des droits de l’homme mis régulièrement en avant par les autorités officielles américaines. Les États-Unis ont imposé un modèle capitaliste qu’ils défendent sur la scène internationale et, selon l’auteur, la guerre vise principalement à protéger les intérêts des grandes entreprises américaines. En effet, le parallèle entre la guerre et la concurrence économique est entièrement assumé par Noam Chomsky, qui s’emploie à justifier historiquement.. Il ne s’agit pas d’éliminer des adversaires, mais de mettre à terre d’autres projets de société alternatifs pour que la mondialisation libre-échangiste serve uniquement les intérêts américains. Les États-Unis ont ainsi systématiquement soutenu des coups d’État militaires pour appuyer une brutalisation consistant « à infliger […] le maximum de souffrances dans l’espoir, non seulement de faire durer [les] difficultés mais aussi de faire en sorte que seuls les éléments les plus durs et les plus brutaux de la population en sortiront » . L’originalité de l’ouvrage tient à l’analyse systématique de tous les régimes appuyés par les États-Unis dans les années soixante, en Amérique latine et en Asie. La Seconde Guerre mondiale fait même l’objet d’une nouvelle lecture, selon laquelle les États-Unis sont entrés en guerre non pas pour s’opposer à la solution finale appliquée par le régime nazi, mais pour protéger les intérêts économiques américains menacés. Selon Noam Chomsky, l’usage de la bombe nucléaire par les États-Unis et la destruction de générations au Japon ne peuvent être ignorés dans ce contexte. Les États-Unis se sont très vite écartés des accords de Genève d’après la guerre qui donnaient un cadre aux conflits pour éviter les massacres des populations civiles..." 
 Même dans l'intervention en Europe en 1917 et dans celle, tardive de 1940, les intentions US ne furent jamais désintéressées.            Une histoire qui se répète, sous des formes diverses, depuis deux siècles et demi, jusqu'à l'intervention syrienne, à la fois avouée et déniée. Non sans "bavures", ni sans échecs.
    Les avertissements de Eisenhower à la fin de son mandat n'ont pas eu de portée.
                 __ "A l'instar des empires d'antan, de la Pax romana à la « démocratisation du Moyen-Orient », les intérêts stratégiques propres à une grande nation sont 

indispensables au maintien, voire à l'accroissement de sa puissance. Du Mexique, victime en 1848 de l'expansionnisme américain, au Panama, dont le contrôle offre un atout commercial considérable, en passant par l'Irak, objet de toutes les convoitises depuis que l'or noir y est exploité, les exemples ne manquent pas.
       Assurer la croissance de son territoire, la maîtrise des matières premières et des débouchés économiques pour la production nationale sont autant d'enjeux qui requièrent parfois l'usage de la force. Le déclin relatif de l'économie américaine, l'explosion d'un déficit commercial apparu dans les années 1970, la contraction de son produit national brut à l'échelle mondiale et l'émergence d'un concurrent comme la Chine rendent, depuis les années 1990, la consolidation et l'extension de ses positions stratégiques plus vitales que jamais. La guerre n'est-elle pas, selon les mots du théoricien militaire Clausewitz, la « politique continuée par d'autres moyens » et un « véritable instrument de la politique » ?
 ____ Rabino étudie la contribution de l’armée à la réalisation des films de guerre, la torture dans les séries télévisées, le vocabulaire volontiers barbare des responsables de la communication militaire, le débat sur les éventuels dégâts sanitaires dus à l’uranium appauvri des munitions, nous donnant, chaque fois que c’est possible, des statistiques sur l’évolution de ces phénomènes significatifs. Les fluctuations d’une opinion mobile, patriotique et démocratique, manipulée ou résistante selon les circonstances, adhérant ou refusant le discours officiel, sont saisies et suivies par des sondages. Il le faut : la réalité de l’Amérique est qu’elle est toujours en guerre, ainsi que son immense armée, son gigantesque budget militaire, ses bases, ses interventions incessantes en témoignent. "
       "« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » (1961)
    "Républicains et démocrates jugent que ces années de guerre ont épuisé financièrement le pays, au moment où il aurait besoin de réserves pour relancer l'activité. Le message est à peu près le même d'un bord à l'autre du spectre politique, notamment chez les élus de base. 
       Représentant républicain d'un Etat qui ne manque pourtant pas d'académies militaires, le député de Caroline du Nord Walter Jones assure : "Nous ne pouvons pas continuer à policer le monde."Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Mandrin assène : "Reconstruire l'Amérique ou l'Afghanistan, il faut choisir."__Plus significatif encore, le NewYork Times rapporte que la Conférence des maires du pays, réunie en juin, a adopté une résolution à tonalité isolationniste. Elle stipule que les impôts des Américains doivent servir à construire des ponts "à Baltimore et à Kansas City, pas à Bagdad ou à Kandahar". Traditionnellement, le Parti républicain porte haut et fort le drapeau de l'engagement à l'étranger. Cette fois, ses deux principaux candidats pour 2012, Mitt Romney et Jon Huntsman, sont les avocats d'un retrait rapide d'Afghanistan.
   __Est-on encore une superpuissance quand une partie de son budget militaire est prise en charge par un autre pays, en l'espèce, la Chine, acheteur numéro un de bons du Trésor américains ? L'un des papes de l'establishment stratégique du pays, Leslie Gelb, répond : "Ce qui déterminera l'avenir de l'Amérique, ce n'est pas ce qui peut arriver en Afghanistan aujourd'hui ou dans les cinq ans à venir, mais ce qui va se passer à propos d'une dette qui nous écrase."
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dimanche 17 septembre 2017

En flânant

__  Où l'on reparle du nucléaire en France: le début de la fin?
                       Le jeu trouble de l'ASN. Un situation préoccupante. L'obstination perdure.
                                Selon le World nuclear industry status reporton y voit le nombre de nouveaux réacteurs nucléaires mis en chantier chaque année dans le monde depuis 1951. En 2017, il n’y en a qu’un. L’année précédente, il y en a eu deux. En 2015, six en Chine et deux dans le reste du monde. Le nucléaire n’a pas disparu de la production d’énergie dans le monde, mais il ne se renouvelle plus. Aujourd’hui, il représente 10,5 % de l’offre d’électricité. Mais dans dix ans, ce sera nécessairement moins puisque le nombre de nouveaux projets effectivement initiés se réduit, alors que le temps moyen de construction s’allonge. Partout où le marché de l’électricité est concurrentiel, aucun nouveau réacteur nucléaire n’a été lancé. En 2016, 10 réacteurs ont démarré, dont cinq en Chine, et deux ont fermé. « Le nucléaire n’est envisagé que là où le gouvernement ou le consommateur prend le risque d’assumer des dépassements de coûts et de délais », écrivent les auteurs du rapport...

__ Une nouvelle fois sont pointées les faiblesses du modèle allemand.
                      Qu'il faut cesser de présenter comme un modèle.

__ Amiante: un dossier sans fin?
                            Pour le glyphosate, le lobbying est intense.

__ Agriculteurs: le grand abandon.
                                    Un avenir problématique.

__ Pour en revenir aux fainéants, qu'on dit trop nombreux: la loi du moindre effort est-elle toujours si négative?      JM Proust ne manque pas de sel...

__ Zone euro: les projets français de réforme en panne:
                          ...Depuis son élection, Emmanuel Macron a mis l’Europe au centre de sa politique. Multipliant les rendez-vous et les déplacements, il n’a cessé d’avancer de nouvelles propositions pour lancer ce qui doit être, selon lui, « la refondation de la construction européenne », avec l’axe franco-allemand comme seul moteur. Même la politique intérieure est soumise à ce postulat : toutes les réformes lancées – code du travail, fiscalité, logement, retraite, Sécurité sociale – comme la politique d’austérité sont justifiées par la volonté d’assurer le « sérieux français » dans le respect des règles européennes. Ce sérieux étant le « prérequis », selon Emmanuel Macron, à l’obtention des concessions allemandes pour une relance européenne, censée permettre à la France de sortir par le haut....
      Un alignement qui peut coûter très cher sans résultats à la clé.

__ Relance keynésienne: un nouveau plan Marshall pour l'Europe?
                             "Si des mesures notables, durables et coordonnées ne sont prises pour raviver la demande mondiale en augmentant les salaires et les dépenses publiques, l'économie mondiale sera condamnée à enregistrer, au mieux, une croissance anémique. On ne peut rêver meilleur moment pour attirer l'investissement privé à l'aide de mesures budgétaires concertées visant à relancer la machine tout en contribuant à rééquilibrer l'économie et la société après trois décennies d'hypermondialisation qui les ont sérieusement déréglées."
        Pour financer ce vaste programme d'investissements, le document se focalise particulièrement sur les excédents budgétaires de quelques Etats. Le cas de l'Allemagne est souvent cité comme le pays ayant les excédents les plus élevés. Mais contrairement aux excédents chinois "qui, en temps de prospérité, ont favorisé la croissance dans divers autres pays en développement en les faisant participer à des chaînes de valeur orientées vers l'exportation de produits dans les pays les plus avancés," ceux de l'Allemagne sont loin d'avoir eu des retombées positives dans les pays en développement. De même que pour la zone euro, ces forts excédents provoquent des déséquilibres entre les pays membres.
     "Les effets dommageables qui en ont résulté pour l'économie mondiale ont été aggravés par une tendance généralisée dans la zone euro, où les plans d'austérité ont tiré vers le haut les excédents courants de la région, exportant la déflation et le chômage dans le reste de monde...."
     _________________Enfin, le FMI commence à ouvrir les yeux l'austérité nuit beaucoup plus que prévu à la croissance.
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samedi 16 septembre 2017

Enjeu des jeux

Un pari pour Paris?
                           Enfin, on les a!...
  L'exaltation est à son comble en haut lieu, à Paris surtout.
     Un petit coup de pouce à la fierté nationale.
  On évoque le fait que les JO seront un puissant levier de transformation et de modernisation de Paris, de rénovation urbanistique et ferroviaire, permettant de combler un retard manifeste et de réparer et de rénover le tissu urbain. Ambitieux projet. Mais les Jeux n'étaient pas nécessaires pour réparer un très ancien retard, notamment au niveau du RER.
 Le Grand Paris pourrait gagner en cohérence administrative et politique et en transports modernisés.
   C'est le pari qui est fait en haut lieu  Booster le Gross Paris, ce rêve déjà ancien.
    Peut-être, si le suivi est effectif, cohérent et vraiment utile.
  Mais les contribuables de province sont plus réservés, qui n'y gagneront rien, au profit d'une mégapole concentrant l'essentiel des richesses.
   De plus, on l'a vu ailleurs, le rêve olympique peut se terminer en cauchemar financier, même si on dit vouloir se prémunir de dérives: les estimations sont toujours sous-estimées. Le "péril Jeux"n'est pas à exclure.
   Le cas d'Athènes est un contre-exemple tristement fameux. Au Brésil, avec un stade en ruines, Rio est toujours en crise. Les exclus le furent un peu plus. On fera mieux que Londres aussi. Promis. On fera un urbanisme social, en recousant les déchirures urbaines. On verra...
   Le CIO va une fois de plus mener son petit jeu.  La corruption ne va pas s'effacer du jour au lendemain.
      L'idéal olympique est devenu essentiellement un enjeu politique et marchand, loin derrière l'idéal grec d'Olympie et le véritable esprit du sport.
    Les fondements douteux de l'esprit de P. de Coubertin sont heureusement passés au second plan au profit d'idéaux souvent plus mercantiles. Mais ne crachons pas dans la soupe.
   Replacé dans son temps et dans l'esprit hygiéniste de l'époque, Coubertin voulait incarner une sorte de religion. Dans ses Mémoires olympiques, Coubertin écrit avoir voulu « rénover non la forme mais le principe de cette institution millénaire, parce que j’y voyais pour mon pays et pour l’humanité une orientation pédagogique redevenue nécessaire, je devais chercher à restituer les puissants contreforts qui l’avaient naguère épaulée : le contrefort intellectuel, le contrefort moral, et, dans une certaine mesure, le contrefort religieux ».
Et lors du centenaire de la naissance du prophète des muscles, le président du CIO en poste vingt ans durant (1952-1972), le très néfaste Yankee hitlérophile Avery Brundage (1887-1975), déclarait : « C’est une religion du XXe siècle que Coubertin a fondée avec le mouvement olympique, une religion de portée universelle qui contient toutes les valeurs de base des autres religions, une religion moderne passionnante, virile, dynamique, qui plaît à la jeunesse et nous, membres du Comité international olympique, sommes ses disciples. »
            Les "croyants" d'aujourd'hui ont d'autres idéaux. Le projet olympique demanderait une rénovation profonde, pour faire sortir l'institution organisatrice de ses ornières, voire pour repenser le projet tout entier.
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mardi 12 septembre 2017

Hasta luego!

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lundi 11 septembre 2017

Tempête ...

...Dans un verre d'Ouzo?
                                   Jupiter Zeus est allé se faire voir chez les Grecs.
                                          Bonne idée. On les oublie trop souvent, eux qui nous ont tellement appris, ne serait-ce que les bases de la démocratie, dés l'Antiquité; et que l'eurozone a si mal traités
     Le rapide passage athénien aura-t-il quelques conséquences durables?
       On en doute.
                    La Grèce n'a pas été choisie par hasard, selon le Premier des Français.
   Ce n'était peut-être pas une démarche inutile, mais elle sera sans vraie portée
      Des bons sentiments, oui. Il a reconnu du bout des lèvres des erreurs passées, mais s'est contenté d'un superficiel:"On a fait croire qu'on pouvait vivre à Athènes comme à Berlin, ce n'était pas vrai, c'est le peuple grec qui a payé le coût". 
  Ce ne sont pas ces propos, qui ne sont pas à la mesure des problèmes que vit tragiquement le peuple grec, qui ébranleront Berlin. Ça ne mange pas de pain. Pas un mot sur la dette, ses causes et les mesures qu'il faudrait prendre.
       De plus, au pays de L'ouzo, il semble qu'il ait un peu abusé de l'alcool fort, se laissant entraîner à quelques sorties de route, des dérapages verbaux (en dehors de son plein gré?), qui n'ont pas eu l'heur de plaire à Paris, en province et même à Washington. Chris Bickerton a la dent dure..
    On devrait surveiller de près la consommation d'Emmanuel en déplacement. Au pays des dieux ( et des déesses), celui qui s'est dit jupitérien a peut-être aussi goûté à l'ambroisie, plus qu'euphorisante. Tsipras aurait dû le prévenir.et l'inciter à la modération.
   Portée par l'ivresse, de sa propre personne et de la divine liqueur, il a osé...  évoquant, loin de l'Elysée, les fainéants si nombreux dans son pays, mettant les pieds dans le plat. Peut-être pensait-il aux nombreux assistés qui sont la plaie de Bercy.
   On aurait dû lui rappeler que le travail n'est pas une valeur absolue, qu'il faudrait faire quelques distinctions et un minimum d'analyse. Mais notre Grand Communiquant était ailleurs, se prenant sans doute pour un super-Démosthène, avec la hauteur et la distance qu'il se doit.
   Dans un pays dont il n'a pas vu, depuis l'Acropole, toute la misère populaire, les conséquences d'un 
marché du travail terriblement régressif, dans ce pays pris au piège, dont il fallait faire un exemple.
     Une balade héllène qui ne laissera pas des souvenirs immortels.
       ______Mais qui mettra une fois de plus l'accent sur le brouillard épais qui règne au Palais.
      Autour de Jupiter à terre, on ne suit pas et on s'interroge tout bas, en essayant de réparer les dégâts comme on peut...
    L'Elysée et Bercy galèrent à traduire la "pensée complexe" du Maître. Des annonces non suivies d'effets ou paradoxales, des rétropédalages, des phrases sibylines,
    Il reste encore à décrypter la machinerie mise en place, sur une base si (volontairement) floue.
        Fatuité, suffisance, immaturité?...
   On aimerait y voir plus clair, même si les ordonnances ont levé un coin du voile.
                            Brigitte, si tu entends, fais quelque chose!...

Il faut relire Lafargue...
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