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lundi 19 juin 2017

Psychiatrie (toujours) en question

Psychiatrie en mauvaise santé       [Notes sur un dossier à revoir]
     C'est peu dire que la psychiatrie française va mal depuis le virage pris depuis quelques dizaines d'années, suivant un modèle discutable.
  Sa crise s'aggrave.
      Comme le dit Philipe Petit, qui critique les tendances néo-scientistes de la psychiatrie d'aujourd'hui Il est impératif de juger de la société à la façon dont elle traite ses fous, ses handicapés, ses déviants, ses fatigués de la vie. Et par conséquent aussi à la façon dont on considère les bien-portants, fussent-ils les victimes indirectes de ce lavage de cerveau, et de cette hécatombe morale.
     Les dérives  positivistes et médicamenteuses  s'accentuent: l’industrie pharmaceutique est devenue experte en désinformation : elle dissimulerait les résultats négatifs, sélectionnerait les résultats favorables, et orchestrerait de coûteuses campagnes de publicité pour promouvoir les études qui vont dans le sens de leurs intérêts, c’est-à-dire celles qui attribuent quelques propriétés curatives aux médicaments qu’elle commercialise.
        Télérama consacre un dossier spécial sur le problème:
- Concernant notamment les dérives de l'internement psychiatrique, surtout depuis les mesures Sarkozy.
- Les problèmes concernant l'internement d'office, la question des soins sans consentement: Aujourd'hui, en France, environ 400 000 personnes sont hospitalisées chaque année dans un service public de psychiatrie, dont 92 000 sous contrainte, c'est-à-dire sur demande d'un tiers ou sur ordre d'un représentant de l'Etat. A partir des années 1990, le nombre de patients subissant des soins psychiatriques sans consentement n'a cessé d'augmenter, avec un fort coup d'accélérateur depuis 2011, « ce qui constitue un véritable scandale, dans un pays qui s'enorgueillit d'être la patrie des droits de l'homme », s'indigne le psychiatre Thierry Najman, auteur du livre Lieu d'asile. Manifeste pour une autre psychiatrie (1) . « La France est même le pays d'Europe qui a été le plus condamné par la Commission européenne des droits de l'homme pour des abus psychiatriques », souligne-t-il, tout en déplorant le « grave déclin de la réflexion sur la pratique des soins » dans notre pays. Le Dr Najman incrimine principalement la loi du 5 juillet 2011, « sécuritaire et liberticide », votée sous le quinquennat Sarkozy...
   Par rapport aux orientations de la psychiatrie italienne, par eemple, et notamment les expériences menées  a Trieste, nous avons fait un bond en arrière, par souci d'économie à courte vue et de méconnaissance de plus en plus grande de la complexité du monde des désordres mentaux, la relation humaine et le souci de  réinsertion devenant presque secondaire. Un système devenu opaque.
     Un état toujours inquiétant...qui nécessiterait une urgente refonte, notamment après les recommandations du Sénat.
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