Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 15 décembre 2014

Bricoleurs du dimanche

Martine a (parfois) raison...
                                  On pensera ce que l'on veut de la loi Macron, qui mélange un peut tout. Pour faire passer la pilule?
    Certains, même au PS, estiment qu'elle ne fait que dans le détail sans toucher à des réformes essentielles (par exemple, celle annoncée mais jamais réalisée de la fiscalité) ou qu' elle ouvre la voie à une nouvelle percée social-libérale dans notre pays, qui aurait surtout besoin, plus que tout, d'envoyer des signes (souvent symboliques) d'enfant sage conformiste à notre voisine d'Outre-Rhin, qui fait la loi à la place de Bruxelles.

      Même si certaines dispositions méritent débat, comme le statut de certaines professions réglementées, il en est une dont on se demande ce qu'elle pourrait bien rapporter, sinon faire plaisir aux grandes surfaces et aux boutiques de luxe parisiennes et dégrader un peu plus les conditions de travail de beaucoup, souvent précarisés. Le débat tourne surtout autour d'une des dispositions, qui peut-être, dans 10 ans, apparaîtra d'une grande banalité, sauf si elle gagne en extension et en généralisation: le travail du dimanche, serpent de mer depuis des décennies: les mastodontes de la vente surtout y tiennent. Même si cela se fait aux dépens du petit commerce, déjà écrasé par les mammouths, et de personnels surtout précaires, donc demandeurs pas nécessité, parfois manipulés:
         "... En matière de communication, le secteur de la grande distribution en connaît un rayon. En 1991, l’offensive patronale s’accompagnait d’une campagne concoctée par le publicitaire Jacques Séguéla : « Monsieur le ministre du commerce, si vous avez de bonnes raisons pour interdire aux commerçants d’ouvrir librement le dimanche, c’est que vous avez sûrement de bonnes raisons pour interdire aux Français de vivre librement leur dimanche. » Son association Liberté le dimanche, discrètement financée par Ikea et Virgin Megastore, bénéficie alors d’une large couverture médiatique. « Quand est-ce que ce pays va se réveiller ? Quand est-ce qu’on va aller de l’avant ? Il y a trente ans qu’aux Etats-Unis tous les magasins sont ouverts le dimanche ! », s’exaspérait M. Séguéla au JT de 13 heures sur Antenne 2, le 14 mai 1991. En 2013, une autre agence de communication, Les Ateliers Corporate, relaie le propos des entrepreneurs du bricolage. On découvre que les salariés de Castorama et de Leroy-Merlin regroupés au sein du collectif des Bricoleurs du dimanche, si prompts à soutenir leur direction, ont reçu quelques cours de coaching financés par leurs employeurs..."
     Après tout,  comme tout le monde, je vais chercher ma baguette le dimanche, je suis déjà allé aux urgences le jour du Seigneur et j'ai même pris le train, parfois la tentation du restaurant me guette, j'aurais besoin  des pompiers si ma maison brûle quand je suis au cinéma, etc...Donc je peux faire travailler pas mal de monde le dimanche....
  Nécessité et détente obligent: le travail du dimanche s'impose ou à fini par s'imposer dans certains cas.
           Mais en faire une règle universelle, aux effets incertains, non merci!. Même si c'est au début, comme promis, quelques dimanches, on sait comment l'exception finit par devenir la règle.
   Selon les ardents promoteurs de l'idée, le travail dominical favoriserait la croissance et l'emploi (précaire?). Amen!
   Ce n'est nullement démontré et certains pays européens ne suivent pas cette voie ou y ont finalement renoncé.
           IL faut résister au  totalitarisme marchand, qui est déjà assez envahissant, en faisant croire que l'on fait une politique de gauche  .
   Le temps n'est pas que de l'argent...
           Comme dit Charles:
       On l’aime ou pas (Martine)peu importe. Ce qui est sûr, c’est qu’à gauche, seule Martine Aubry est audible et donne de la voix sur le sujet des 35 heures mais aussi et surtout sur le travail dominical.
«Valorisons l’être, plutôt que le tout avoir. Gardons du temps pour penser, respirer et vivre », écrit l’ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin, qui refuse la généralisation de la société de consommation, dénonce une «régression » sociale et promet de la combattre « au niveau national et dans ma ville ». 
Martine Aubry a été la seule à dire publiquement que le travail le dimanche et la loi Macron par extension c’est faire « de la consommation l’alpha et l’oméga ».
Je pense en tant qu’économiste que le disponible de pouvoir d’achat est identique qu’il soit dépensé sur 5 ou 12 dimanches ou plus dans l’année. Vous pouvez dépenser vos 100 euros sur 5 jours ou sur 7, vous ne dépenserez que 100 euros.
Je pense, en tant que citoyen et humaniste, que l’homme ne peut pas et ne doit pas être réduit uniquement à sa dimension de consommateur...."
    Que du bon sens, voire même de la sagesse!
           La gauche n'aurait-elle à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de consommation ?
  Alain Minc, conseiller des banquiers et apôtre du libéralisme achevé, critiquait naguère l'argent fou.
   La vraie vie est ailleurs...que chez Auchan, Ikea ou Cartier.
   Le bonheur est en famille, dans le pré, au bout du guidon...ou ailleurs. Chacun, croyant ou non, devrait pouvoir s'inventer le dimanche qu'il veut, en s'échappant des contraintes physiques et/ou psychologiques de la semaine.
          Mais où sont les dimanches d'antan?..
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-Réaction de P.Joxe
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-Relayé par Agoravox 
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