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mercredi 13 novembre 2013

Bonnets rouges et blanc fanion


             Le bonnet ne fait pas le Breton
                                                                         Bonnet rouge: toute une histoire...
   Une histoire intéressante, quoique dramatique.
        Le 18 avril 1675, une révolte éclate en Bretagne, qui laissera des traces longtemps, jusque dans certains esprits d'aujourd'hui.
    Le papier timbré était au centre de la revendication, mais ce fut l'étincelle qui fit éclater la colère contre d'autres taxes en vue et pour défendre ce qui restait des libertés armoriques. Les féodaux et le roi furent vite les cibles des bonnets rouges et bleus.
   Le roi, ruiné par ses dernières aventures guerrières en Hollande, cherchait à remplir ses caisses. Le drapeau blanc était en triste état et Louis XIV ne vivait pas de peu.
Rien ne se passa comme prévu.
      Après Bordeaux, ce fut Rennes et St Malo..
 Une révolte brève, mais violente, réprimée sans merci.
Ce fut terrible. Rien à voir avec la retenue des gardes mobiles. Pas de gaz lacrymogène. On étripa, on pendit à tout va.
        La révolte des Bonnets rouges, circonscrite et brève, mais d'une extrême violence, va laisser des séquelles durables dans la province et en particulier dans la région de Carhaix, laquelle allait se distinguer lors de la Révolution par sa sympathie pour les républicains et son anticléricalisme...
Ainsi commence l'une des plus violentes révoltes antifiscales du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV. Elle va entraîner dans la sédition une grande partie de la Bretagne et en particulier la paysannerie de Basse Bretagne (le pays bigouden et la région de Quimper, dans le département actuel du Finistère). 
Elle reste connue sous le nom de révolte des Bonnets rouges (ou Bonnets bleus) d'après la coiffe traditionnelle des habitants de ces régions, ou révolte des Torreben, d'après le cri de guerre de certains manifestants (en breton : «Casse-lui la tête»), ou encore révolte du papier timbré, d'après l'impôt à l'origine de la révolte.
Pendant que Mme Sévigné, qui se rend à son château de Vitré, badine:«Nos pauvres bas-Bretons, à ce que je viens d’apprendre, s’attroupent quarante, cinquante, par les champs, et dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux et disent mea-culpa. C’est le seul mot de français qu’ils sachent… On ne laisse pas de pendre ces bas-Bretons. Ils demandent à boire et du tabac qu’on les dépêche», écrit-elle, entre autres joyeusetés, le 24 septembre 1675. Et elle conclut : «À force d'avoir pendu, on ne pendit plus. Je trouve tout fort bon, pourvu que les quatre mille hommes de guerre qui sont à Rennes ne m'empêchent point de me promener dans mes bois, qui sont d'une hauteur et d'une beauté merveilleuse»
                         Le Bonnet de la Liberté suivra plus tard.
 Le Bonnet phrygien  fut repris en France au début de l'été 1790  comme symbole de la liberté et du civisme, d'où son nom de « bonnet de la liberté ». Le bonnet phrygien devient symbole de la Révolution Française, et de l'automne 1793 à juillet 1794 (période de la Terreur), il est porté dans beaucoup de collectivités administratives du pays. Depuis la Révolution, le bonnet phrygien coiffe Marianne, la figure allégorique de la Révolution Française. 
  ___________     Aujourd'hui, le bonnet, soudain réapparu (merci Armor Lux!), est devenu plutôt gênant...
Mais il y a bonnet et bonnet.
       L'instrumentalisation guette derrière une colère légitime.
Un certain Breton facétieux, qui n'a pas la tête près du bonnet, prétend que le bonnet rouge, et non le chapeau rond, ne représente pas vraiment les intérêts bretons. 
    Allez savoir...
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