Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 26 avril 2010

Psychiatrie en crise

Quelle place pour les "fous"?

Priorité au sécuritaire...

-Si l'on juge de l'état d'une civilisation au sort qu'elle réserve à ses marges, alors la nôtre va mal.

Il fallait absolument détruire les asiles, mais il ne fallait pas qu'on enlève aussi les soins, regrette le Dr Hervé Bokobza. On a confondu la réforme de fond de l'asile avec la destruction de l'asile. »



_"Des troubles comportementaux, des cas de psychotiques. Dépressions, suicides au travail, addictions, anxiété généralisée. Dans une affaire de santé mentale, le tout logé à la même enseigne, suivant le discours sécuritaire et les restrictions budgétaires. Encore faut-il qu’il y ait de l’espace. Depuis les années 1970, 50 000 lits d’hospitalisation ont été fermés en psychiatrie publique, sans que suffisamment de structures alternatives n’aient vu le jour." _

-...« Le parcours du fou est bien balisé : c'est un aller-retour entre la rue, le foyer, ce qu'il reste de l'hôpital psychiatrique et la prison », résume le vice-président du tribunal de grande instance de Paris. « On juge des gens et on s'aperçoit, une fois qu'ils sont arrivés en détention, qu'ils ont des maladies mentales. Elles auraient dû être prises en compte quand on les a jugés », enchaîne la présidente du Syndicat de la magistrature. Et l'écrivain Catherine Herszberg (Fresnes, histoires de fous) de dénoncer la focalisation des pouvoirs publics sur les questions sécuritaires : « C'est une interrogation politique majeure sur l'état d'une société, quand on en vient à se dire que le dernier lieu où certaines personnes trouvent des soins, c'est la prison. »
__Un changement s'impose donc. C'est l'avis du président Nicolas Sarkozy, qui s'appuie sur des faits divers impliquant des déséquilibrés pour imposer la réforme Bachelot. Déjà impopulaire, elle se veut gestionnaire et s'appuie sur les thèses comportementalistes d'Amérique du Nord. Ses idées ? La rééducation est moins chère et plus rapide que les soins au long cours. Plus grave, dans les coulisses du pouvoir, des scientifiques œuvrent pour remplacer le terme de folie par celui de santé mentale. La psychiatrie ne s'occuperait plus seulement des névroses et psychoses mais aussi de la dépression, de l'anxiété, de la déviance sociale… Ce mouvement estime qu'un Français sur quatre rencontre des problèmes de santé mentale. « Pouvons-nous nous passer d'un quart de nos ressources humaines, se questionne cette partisane. Au-delà des discours humanistes qui ne changent rien au problème, attaquons-nous à la question de la santé mentale avec des causes précises et des enjeux chiffrés. » La traque systématique de ces troubles prend forme avec ces programmes de détection, destinés aux écoles et aux entreprises, déjà développés. A la grande inquiétude de ce psychiatre qui avertit : « S'attaquer aux libertés fondamentales des plus exclus d'entre nous augure de ce qui pourrait arriver au reste de la communauté. » Gaël Nivollet

_____________-"La prison est devenue un asile psychiatrique. Un prisonnier sur cinq souffrirait de troubles mentaux. Catherine Herszberg a donc choisi d'aller enquêter là où échouent ceux qui n'ont plus de place nulle part, ni à l'hôpital ni ailleurs. De décembre 2005 à avril 2006, elle a accompagné l'équipe psychiatrique de la prison de Fresnes. Introduite et guidée par Christiane de Beaurepaire, chef du service, elle a suivi les prisonniers, les malades, les soignants, les surveillants. Elle a circulé partout, écouté, regardé, interrogé les uns et les autres, et a rapporté de ce voyage des histoires. Des histoires de fous. Des fous que les prisons de France se refilent comme des " patates chaudes ". Des fous qui échouent de plus en plus souvent au mitard. Des fous qui, au fond de leur cellule, s'enfoncent chaque jour davantage dans la maladie mentale. Des fous trop fous pour les hôpitaux psychiatriques qui, faute de moyens, ne peuvent plus les accueillir. De ce séjour dans un recoin obscur de notre société, l'auteur revient avec des questions. Criminaliser la maladie mentale, c'est faire un prodigieux bond en arrière. Pourquoi cette régression ? Que penser d'une société qui enferme derrière des murs ses pauvres, ses marginaux, ses malades mentaux ? Si l'on juge de l'état d'une civilisation au sort qu'elle réserve à ses marges, alors la nôtre va mal." (Catherine Herszberg)
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________UN MONDE SANS FOUS ? - France5
- Le Monde en face
- Vidéo Actu et Politique

-«Un monde sans fous?» | Mediapart:
"...Ce documentaire arrive au moment même où un projet de loi réformant les soins en psychiatrie est en discussion. Ce texte prévoit une obligation de soins, pas seulement à l'hôpital, mais aussi à l'extérieur.
__Jusqu'à présent, l'hospitalisation à la demande d'un tiers ou l'hospitalisation d'office (réclamée par le maire ou le préfet) organisent l'administration de soins sous contrainte pour les personnes présentant un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Avec ce projet de loi, les soins pourraient être demandés «sur simple certificat médical» par un tiers ou le préfet, et être imposés à la personne concernée, même si elle n'y consent pas, et en dehors d'une hospitalisation.
___En d'autres termes, les lieux de soins et le domicile deviennent ainsi des espaces de contrôle et de contrainte.Et que se passera-t-il si le patient ne prend pas son traitement? «L'établissement de santé engage immédiatement une procédure de convocation. (...) Le directeur en informe le représentant de l'Etat.» Il «prend toutes mesures utiles» et «peut notamment ordonner la réhospitalisation du patient». La menace comme dernier arme, à défaut de convaincre.
__Ce texte a pour objectif évident de répondre à la figure du «fou dangereux», illustrée récemment par le «pousseur du RER» et le «schizophrène auteur d'un meurtre à Grenoble». Ces drames existent et il faut tout faire pour éviter qu'ils se produisent. Mais d'une part, la réponse à ces faits divers ne doit pas occulter le fait que 1,5 million de personnes consultent chaque année en psychiatrie. D'autre part, que la majorité des criminels ne relève pas de la psychiatrie: il suffit de se rendre dans une cour d'assises pour le constater.Sous couvert de protéger la société, ce projet de loi est à l'opposé des besoins de la psychiatrie et de ses usagers, et, comble de l'absurdité, il peut avoir un effet totalement inverse...."

-Les dérives de la psychiatrie
-Politique francaise de sante mentale: analyse et conséquences pour la psychiatrie en France
-Prison et troubles mentaux : Comment remédier aux dérives du système français ?

-Les malades mentaux affluent dans les prisons françaises
- Le documentaire et ses bonus
- Entretien avec Patrick Chemla
-Entretien avec Christophe Dejours

- Entretien avec Hervé Bokobza
-«La psychiatrie a besoin de moyens, de visites à domicile, pas seulement de médicaments
- «Un monde sans fous?» - Recherche Google
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-Psychiatrie: régression sécuritaire
-Psychiatrie: état "inquiétant"
-Psychiatrie sous influence
-Saccage de la psychiatrie...

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