Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 1 septembre 2009

Googelisation généralisée?


Faut-il avoir peur de Google?

Risque de dérive monopolistique en vue

"Le numérique ne tuera pas le livre, ni le papier. Mais il risque bien de tuer le contenu."(P.A.Xavier)
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-Pourquoi Google dévore tous les livres:
"La Bibliothèque de France va-t-elle confier à Google le soin de numériser une partie de ses collections ? L’hypothèse est envisagée au sein de l’établissement public. Cinq ans après l’annonce du programme Google Books visant à numériser les documents des plus grandes bibliothèques du monde, le moteur de recherche américain s’affirme comme l’unique opérateur de ce nouveau partage des connaissances. Un monopole qui inquiète...
On vous offre une maison mais le chemin pour y accéder ne vous appartient pas. Le promoteur vous promet la main sur le cœur qu’il n’y installera jamais de péage, tout juste envisage-t-il d’y mettre quelques panneaux publicitaires. Acceptez-vous le marché ? C’est un peu la question à laquelle doivent répondre aujourd’hui les plus grandes bibliothèques du monde. Elles récupèrent pour elles tous les documents numérisés par Google et elles ont le droit de les utiliser à leur guise. En échange, le moteur récupère l’exclusivité sur l’indexation du contenu. Or, si la numérisation du patrimoine écrit mondial à des fins de conservation et de mémoire est un enjeu majeur, l’accès aux connaissances sous ce nouveau format l’est tout autant. Dans le mouvement d’humeur contre Google, on retrouve ainsi la problématique de la presse avec l’hégémonie de Google News dans le secteur de la recherche sur l’actualité. Dans ce cas, Google se rémunère sur les chemins d’accès. Le fait que Google tire des revenus de son système de recherche n’est pas scandaleux en soi. C’est la dérive monopolistique qui inquiète. Lorsque tout est potentiellement accessible en ligne, la façon d’accéder à l’information est au moins aussi importante que l’information elle-même. Et lorsque ce pouvoir est concentré dans les mains d’une seule entreprise, c’est forcément un problème. Même si cette dernière a pour slogan «Don’t be evil» («Ne sois pas diabolique»)...
La préoccupation de Google n’est pas tant la rentabilité du processus (même si, à long terme, il devrait s’y retrouver), mais le fait de rester le lieu privilégié de la recherche. Et donc de ne pas laisser tout un pan du contenu indexable à un autre que lui. En assumant le coût de la numérisation des livres, Google s’assure que son petit chemin restera le passage obligé pour la majorité des internautes pour les cinq ou dix ans à venir. Et ça, ça n’a tout simplement pas de prix.

-"Google voudrait créer la plus grande librairie privée de l'histoire":
"...Le changement de stratégie de la BNF a été "motivé par le coût extrêmement élevé de la numérisation des livres" car, selon les types de format et la qualité de numérisation, il faut compter entre 12 et 74 centimes par page, explique La Tribune. La seule numérisation des ouvrages de la IIIe République française coûterait par exemple, selon le directeur général adjoint de la BNF, entre 50 et 80 millions d'euros alors que la BNF ne disposerait que d'un budget annuel de numérisation d'environ 5 millions d'euros.Google est aujourd'hui à la tête de 10 millions de livres numérisés à travers le monde, dont 6,7 millions épuisés mais toujours couverts par le droit d'auteur. La société a proposé une transaction de 125 millions de dollars aux éditeurs américains pour qu'ils abandonnent les poursuites contre elle. La justice américaine doit rendre un avis définitif sur cet accord le 7 octobre prochain, explique Alain Beuve-Méry.

Aujourd'hui, en commercialisant les livres épuisés numérisés, "Google rajoute un projet de librairie privée au projet de bibliothèque universelle", estime Alain Beuve-Méry. "Google voudrait créer la plus grande librairie de l'histoire et est en train de doubler Amazon sur son terrain..."

-Le livre numérique va-t-il faire disparaître le papier ?:
...Ceux qui contrôlent, en amont, les sources numériques sont les véritables maîtres de l’édition et donc de la diffusion du savoir, des idées, des récits, de l’histoire avec ou sans majuscule. C’est pour détenir ce pouvoir que les géants se livrent une guerre commerciale et industrielle totale. Il n’est pas besoin de sortir d’une grande école pour comprendre ce que signifie un monopole sur la connaissance, fût-elle de la fiction. Si autrefois, les auteurs craignaient le plagiat ou le pillage en remettant leurs manuscrits aux éditeurs, cette fois, c’est aux éditeurs de craindre le pire en laissant des marchands de composants électroniques, des vendeurs de papier et des négociants de bande passante décider de la diffusion des livres qu’ils produisent dans leurs maisons.
Il est clair que les puissants Amazon, Google, Barnes & Noble, Microsoft, Sony et d’autres ne cherchent pas à défendre la diffusion du savoir et des idées. Jean-Noël Jeannenay, ancien directeur de la BNF, en faisait état récemment dans Le Figaro, répétant le message qu’il avait déjà développé dans son livre sur la question du numérique [Quand Google défie l’Europe : plaidoyer pour un sursaut, Mille et une Nuits, Paris, 2005]. Et c’est cette libre diffusion de la connaissance qu’il s’agit de protéger et non de savoir si les lecteurs numériques vont fleurir au Printemps prochain. Il ne s’agit pas non plus de rester bêtement assis sur son fauteuil et croire que tout ça va se tasser et tout reprendra comme avant après l’averse. Les corporations en marche à l’heure actuelle, dont aucune n’est française, n’ont pas besoin de savoir quel lecteur électronique est le meilleur, ni même d’un lecteur électronique, pour parvenir à leurs fins.
En contrôlant les fichiers numériques des livres, elles contrôlent l’édition, la publication et la disponibilité de ces mêmes ouvrages. Ni plus ni moins. En contrôlant le patrimoine littéraire public ou privé, elles contrôleront aussi les futures publications, l’avenir des genres littéraires, les potentiel(le)s auteur(e)s et le type de savoir(s) qui seront diffusés...."
-Le livre dans le tourbillon numérique
- Bibliothèque numérique mondiale
-Google actualités sur Monoculture
- “Est-ce que Google nous rend idiot ?” | InternetActu.net
-Google face à la grande muraille informatique
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- Google: redoutable moteur ?

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