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vendredi 28 juillet 2017

Faire "bouger" l'Allemagne...

 ...Et l'Europe?
                      L'Allemagne ordolibérale de Merkel-Schaüble pèse d'un tel poids sur la marche des affaires de l' Europe, que beaucoup s'en inquiètent depuis longtemps, même au pays de Goethe.
     Il semblerait que notre nouveau Président s'en soucie: E.Macron est allé à Berlin à plusieurs reprises, avec l'ambition de faire "bouger" l'Allemagne, en déclarant qu'un changement de traité n'était ni un tabou ni une fin en soi."
    Déclaration louable, mais pour l'instant bien formelle, vite de contenu, quand on connaît la détermination et la rigidité des positions de Berlin, pour qui la notion de convergence, de solidarité européenne, d'unification bancaire n'est plus du tout son horizon et qui semble ne pas voir le problème que pose le statut de l'euro, taillé à son avantage et celui de ses énormes excédents commerciaux, qui condamnent ses partenaires à une relative austérité largement subie. Tout se tient avec une monnaie commune, qui ne profite pas à tous.
          Martin Schulz croit, lui aussi, à une nouvelle initiative en Europe, rappelant au passage que
les Allemands ont l’impression, à cause de M. Schäuble [ministre CDU des finances], qu’ils sont les seuls à financer l’Europe. On oublie que les Français contribuent à hauteur de 20 %...mais ses chance de réélection en automne semble bien compromises.
    D'autres, comme le wallon Paul Magnette, veulent replacer les élus au cœur du processus, ce qui n'est une mauvaise idée,mais qui ne va pas à l'essentiel. C'est le coeur même du réacteur des institutions de Bruxelles qu'il faut repenser, puisque l'ancienne
et toujours vague idée de fédéralisme est repoussée aux calendes...grecques.
       Ce n'est pas en faisant ce que l'Allemagne exige de nous et des autres qu'une solution pourra naître (c'est ce qu'à fait Hollande en vain), mais en changeant globalement l'orientation du projet européen, en y intégrant l'Allemagne, en allant à contre-sens d'objectifs qui n'ont d'européens que de nom: le tir de barrage préventif dans la presse allemande contre d’éventuelles revendications à venir d’Emmanuel Macron. Ainsi le grand hebdomadaire Der Spiegel titrait à la Une le 12 mai dernier “Cher Macron”, en jouant sur le mot cher, avec en sous-titre : “Emmanuel Macron sauve l’Europe… et l’Allemagne doit payer”. Quant à la chancelière, elle a immédiatement fait savoir qu’elle ne pouvait rien faire pour réduire l’excédent extérieur allemand dû, selon elle, à des éléments qui ne dépendent pas de son action : l’excellence des entreprises allemandes combinée à la politique monétaire trop laxiste de la Banque centrale européenne.
     Revenir à une part de souveraineté bancaire, monétaire, notamment, semble bien une nécessité. .          On doute que Macron veuille aller jusque là. 
         La BCE, dans ses opérations de sauvetage, se heurte aux limites de sa politique monétaire/  ...Tous les déséquilibres économiques et financiers, tous les dysfonctionnements entre une Europe du Sud de plus en plus déclassée et une Europe du Nord, emmenée par Allemagne, attirant comme un aimant toutes les richesses et les potentialités de l’Union ...
         Il y a nécessité, sous peine d'échec, de reprendre le projet européen, largement dénaturé du fait de ses choix ultralibéraux, de dissiper les grands malentendus qui pèsent sur lui depuis l'origine, depuis les rêves de Jean Monnet, qui n'étaient déjà pas sans arrière-pensées.
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