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mercredi 24 février 2016

Allemagne: un modèle? (2)

L'euro ou les Européens? 
                                    On le chuchotait dans les cabinets d'experts, on l'écrivait  ici ou là, souvent timidement.
   Maintenant, le tabou se lève, la parole se libère, on le proclame, pas seulement en France (JM Quatrepoint et Guillaume Duval, même dans le Figaro, ou à l'OFCE, mais aussi de plus en plus en Allemagne.
   L'Allemagne ne représenta un modèle que pour ceux qui ne connaissent pas la logique de sa politique économique, surtout depuis l'ère schröderienne.
   Le modèle allemand, souvent utilisé comme moyen de culpabilisation, se trouve de plus en plus au centre de multiples contestestations.
      Petite révolution à Francfort, la BCE y va aussi de ses critiques:
            L'Allemagne doit se réformer d'urgence
    Paradoxalement, c'est sa bonne santé commerciale, le problème des excédents , qui pose problème, surtout dans le contexte actuel et au sein d'une Union qui fait fi de ses règles fondamentales.
          L'ordolibéralisme a marqué ses orientations.
              Il n'y a pas de miracle 
                      Patrick Artus le reconnait lui-même. Il ne s'agit pas de crier haro sur l'Allemagne, de céder à je ne sais quelle germanophobie, mais de considérer qu'il y va de l'intérêt bien compris et à long terme de nos amis d'Outre-Rhin.
         Philippe Legrain, pourtant ancien conseiller économique du très libéral Barroso, tire la sonnette d'alarme:           "L'Allemagne ne peut pas être un modèle pour la zone euro" En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas...
  (1)  La dette publique et privée n'a pas baissé depuis le début de la crise en 2007. Alors que l'on affirme que cette crise est une crise de surendettement. C'est une preuve que les politiques actuelles ne réussissent pas. Vu les contraintes imposées par les règles fiscales européennes et les tabous monétaires allemands, je ne pense pas que la zone euro puisse échapper à la stagnation et croître assez rapidement pour sortir de la dette. Il faut donc réfléchir à la restructuration des dettes. C'est le seul moyen d'éviter la déflation. Dans le cas de la dette publique, cela paraît inévitable en Grèce et hautement souhaitable dans le cas du Portugal. Dans le cas de la dette privée, le FMI défend l'idée qu'il faut restructurer la dette des entreprises en Europe du sud, ainsi que la dette immobilière. Les Etats-Unis sont parvenus à réduire leur dette immobilière par la restructuration et l'inflation. En Europe, nous n'avons ni l'une, l'autre. La sortie de crise n'est pas possible dans ces conditions..
.   De façon générale, je suis frappé de constater que les dirigeants européens sont davantage obsédé par le sauvetage de l'euro que par le bien-être des européens.
  Le problème allemand dépasse donc la simple Allemagne, mais comme l'euro est l'outil du "miracle"....
       L'Etat de la plus grande banque allemande est un symptôme, un  signe et une conséquence de la situation,.symbole des errements de la régulation.
        Il est urgent de réorienter ou de  refonder l’Union Européenne
La monnaie unique, suivant la ligne de Frankfort, dans les conditions actuelles, affaiblit les partenaires. Une monnaie commune pourrait sauver le système.
    L'équipe au pouvoir à Berlin consentera-t-elle à changer le cap? On doute que cela puissese faire rapidement et sans heurt.
    Tout devra se jouer à Bruxelles.
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____(1)  Philippe Legrain, pourtant ancien conseiller économique du très libéral Barroso, tire la sonnette d'alarme:           "L'Allemagne ne peut pas être un modèle pour la zone euro" En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas...

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