Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 2 janvier 2016

Point d'histoire: 1916

     Il y a cent ans 
                               Le premier janvier, c'était l'entrée en vigueur effective de l'impôt sur le revenu.
                    Et l'établissement du calendrier de la nouvelle année de guerre aux thèmes ultra-patriotiques.
      Plus long que prévu, l'état de guerre, qui saigne les finances nationales, impose un certain contrôle des prix.
  On établit déjà une comptabilité morbide:  ...600 000 tués, 400 000 disparus. Il faut combler les vides. Les armées ont besoin de 1 600 000 hommes pour tenir le front, ils ne sont que 1 230 000. Les jeunes recrues de la classe 1916 arrivent dans les bataillons de l’avant. La mobilisation dans les colonies s’accentue. En plus des Sénégalais, voici des Malgaches et des Annamites qui rejoignent les armées...
 _______Après 1914, qui vit les prémisses d'une guerre parfois non désirée, mais que tout préparait, supposée courte et joyeuse, vint l'effroyable année suivante.
     1915 vit la stabilisation d'un conflit destiné à s'éterniser...
            1916, c'est l'entrée dans la guerre totale, avec deux épreuves majeures:  la bataille interminable de Verdun, hécatombe visant pour le Kronprinz à saigner les forces françaises, et la terrible bataille de la Somme.
   Engagements titanesques qui ne firent pas bouger pratiquement les lignes d'un front décidément enterré.
     Il ne fut plus question de fraternisation, la discipline militaire redoubla.
Entre les périodes de désoeuvrement , d'écriture et de lectures, dominèrent le harassement, la démoralisation, la désillusion, après les fragiles espoirs des débuts, les fugaces moments de fraternisation localisée. Ce n'est pas encore la révolte dans les rangs (*), mais bien la fin des utopies.
           En 1916, les affrontements titanesques et terriblement meurtriers de Verdun symbolisèrent les moments les plus absurdes d'une guerre industrielle qui suivait une folle logique.
   L'offensive franco-anglaise de la Somme fut une des plus meurtrières du conflit dès les premiers jours. On dénombra en tout 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus.
       L'Artois labouré porte encore les stigmates de ces luttes fratricides, mais aussi les symboles de la mémoire et  d'une réconciliation longue à s'installer. 
  Il fallut du temps et des remises en question
     L' anneau symbolique de ND de Lorette symbolise depuis peu le mélange des noms et des nationalités sur une terre où les cadavres fusionnèrent dans un même chaos, dans un même absurde bourbier.
 


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