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lundi 8 décembre 2014

L'Allemagne: un géant?

 Ou un colosse aux pieds d'argile?
                                                   Angela (ou plutôt les intérêts qu'elle représente) fait la leçon.
                        Comme si elle était die Lehrerin de l'Europe, la grande donneuse de leçon donne aussi des bons points à Manu...
   Sans être aussi agressif que Mélanchon (Maul zu, Frau Merkel ! Frankreich ist frei. Occupez-vous de vos pauvres et de vos équipements en ruines !), on peut à juste titre s'étonner de l' ingérence de la première dame dans les affaires intérieures de ses voisins.
       Elle pourrait aussi balayer devant la Chancellerie...
  Mais que fait Bruxelles, paralysée et frappée de cécité?
        Tout porte à croire que l'Allemagne serait désireuse de sortir d'une union désunion monétaire quelle traîne comme un boulet , du haut de son Mark surévalué et dominant par rapport à ses voisins-partenaires vassalisés. Mais ce serait trop risqué pour ses vitales exportations. Tous se tiennent par la barbichette.
    De nombreuses interrogations demeurent sur le modèle allemand.
Des Allemands de premier plan, n'hésitent pas à poser des questions qui fâchent, constatant que la politique économique de leur pays glisse maintenant vers une sorte de consensus de Berlin (après celui de Washington), une sorte de  fédéralisme disciplinaire, pire, une hégémonie allemande de fait, comme le redoutent Ulrich Beck (1), Joschka Fisher, Helmut Schmidt.  Ferdinand Fichtner a fait aussi entendre une voix discordante au pays d'Angéla, qui se berce un peu d'illusions...     
       Une Allemagne à contresens?   Une hégémonie que résume ainsi Mme Lagarde, adepte du dumping salarial: " « L’Allemagne a accompli un excellent travail au cours des dix dernières années, en améliorant la compétitivité, en exerçant une forte pression sur ses coûts de main-d’œuvre."
           Si le fédéralisme politique peut être l'horizon de certains européens, notamment à l'origine du projet, et pour certains commentateurs, dans les conditions actuelles, on peut s'attendre qu'il mène au  délitement de l'idée européenne. l'idée d'une souverainété "partagée" ne pouvant  exister que s'il y a un minimium de règles communes et de solidarité entre les membres, malgré leur inégalité de développement.
         Si l'Allemagne apparaît comme un géant économique, c'est un géant de pacotille, ou un colosse aux pieds d'argile, comme l'estime Marcel Fratzscher  ou Olaf Gersemann, chef du service Economie du quotidien "Die Welt". Pour lui, son pays risque de devenir l'homme malade de l'Europe..
       La question se pose: et si l'Allemagne était un très mauvais élève
Quoi qu'en dise die Lehrerin...qui vient d'annoncer que les retraites ne seront bientôt plus assurées
Que chacun se débrouille!...même les pauvres.
         Le défi démographique reste une menace qui plane sur une république de plus en plus gérontocratique.  Et il reste une dette publique encore importante. Beaucoup plus importante que celle annoncée officiellement, d'après le Handelsblatt. 
                       "Au plus tard au début de la prochaine décennie, le nombre de retraités va commencer à augmenter (...) et les retraites devront être payées par des générations beaucoup moins nombreuses".
       L' Allemagne ne s'endort-elle pas dangereusement sur son avenir?.. 
                    Die Deutsch-land-Illusion,  appelle à "ne pas se reposer sur ses lauriers". D’inspiration keynésienne, il fustige un "fétichisme budgétaire"et un "modèle faussement rassurant". Son auteur, Marcel Fratzscher, président de l’institut DIW, appelle le pays à investir et consommer. Pour lui, les lois Hartz ont fait exploser précarité et pauvreté.
A droite comme à gauche, les experts veulent que l’Allemagne bouge : le pays vieillit à toute vitesse et, vers 2045, il sera moins peuplé que la France. A l’extérieur aussi, la pression s’amplifie. Même le très libéral The Economist vient d’enjoindre la chancelière "à construire des ponts et des routes". Les Allemands, eux, restent frileux, mais satisfaits. Angela Merkel est toujours leur personne politique préférée : 79% sont satisfaits de son travail. Et le troisième sur le podium est Wolfgang Schäuble. Le père la rigueur.
   Que sera demain l'apparente sérénité d'Angela?
          Achtung!
                Personne n'a intérêt à voir l'Allemagne régresser, mais demain risque de ne pas être joyeux.. 
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  - C'est O. Gersemann (die Welt) qui le dit...
 - Le colasse au semelles plomb 
_-Le pouvoir est en Allemagne
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-Relayé par Agoravox
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