Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 7 juillet 2014

Point d'histoire

 Verdun 1916
                                             .Comme si c'était hier...
                      La course au désastre atteint là son apogée, mais non sa fin.
                 Qui l'avait vraiment voulu? Jaurès avait parlé pour des sourds.
Pourtant, Berlin l'avait décidé: c'est là qu'il fallait en finir, saigner définitivement l'ennemi pour sortir du bourbier et atteindre enfin Paris. L'extermination comme objectif.
       Ce devait être rapide...comme toujours. Le cauchemar dura 10 mois.
  300 jours de Trommelfeuer et d' orages d'acier,  d'ambiance dantesque, qui resta gravée dans les mémoires.    Combien de rues de Verdun en France?...
    Le 21 février 1916, à 7h15 du matin, commença LA bataille. Un déluge de sang.
      Sous Verdun, beaucoup témoignèrent, des sans plumes comme des écrivains: Génevoix, Dorgelès, Barbusse...
      Freud , qui perdit deux fils dans cette guerre, désabusé après avoir longtemps tergiversé, y vit une confirmation de l'hypothèse psychanalytique de la pulsion de mort, encore très discutée aujourd'hui.«Nous descendons d'une lignée infiniment longue de meurtriers qui avaient dans le sang le plaisir du meurtre, comme peut-être nous-mêmes encore» (*)
    Sa pensée en fut durablement affectée.
         En 1933, à la veille d'un nouveau cataclysme, il échangea avec Einstein: pourquoi la guerre? 
            Tout ça pour ça!
                                       Les pertes ont été considérables, pour un gain en territoires conquis nul. Après 10 mois d’atroces souffrances pour les deux camps, la bataille aura couté 378 000 hommes (62 000 tués, plus de 101 000 disparus, et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) aux Français, 337 000 aux Allemands. 60 millions d’obus (une estimation parmi d'autres, aucun chiffre officiel n'existe) y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé (obus défectueux, tombés à plat, etc.) et 2 millions par les allemands le 21 février 1916. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on arrive à 6 obus par m2...
           Terrible bilan!
Plus jamais ça! dirent-ils.
                        Malheureusement, il y eu Stalingrad, Monte Cassino, Hué, Bagdad...
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   (*)"... La guerre à laquelle nous ne voulions pas croire éclata et fut pour nous
une source de... déceptions. Elle n'est pas seulement plus sanglante et plus
meurtrière qu'aucune des guerres du passé, à cause des terribles perfectionnements
apportés aux armes d'attaque et de défense, mais elle est aussi,
sinon plus, cruelle, acharnée, impitoyable que n'importe laquelle d'entre elles.
Elle ne tient compte d'aucune des limitations auxquelles on s'astreint en temps
de paix et qui forment ce qu'on appelle le droit des gens, elle ne reconnaît pas
les égards dus au blessé et au médecin, elle ne fait aucune distinction entre la
partie combattante et la partie non combattante de la population, elle viole le
droit de propriété. Elle renverse tout ce qu'elle trouve sur son chemin, et cela
dans une rage aveugle, comme si après elle il ne devait plus y avoir d'avenir ni
de paix entre les hommes. Elle fait éclater tous les liens de communauté qui
rattachent encore les uns aux autres les peuples en lutte et menace de laisser
après elle des rancunes qui rendront impossible pendant de longues années la
reconstitution de ces liens.
Elle a révélé encore ce fait à peine concevable que les peuples civilisés se
connaissent et comprennent si peu que les uns se détournent des autres avec
haine et horreur. Une des grandes nations civilisées est même devenue tellement
haïssable que l'ayant proclamée « barbare », on avait essayé de l'éliminer
de la grande communauté civilisée, bien qu'elle ait prouvé ses aptitudes à
la civilisation par des contributions de tout premier ordre. Nous voulons bien
espérer qu'un historien impartial réussira à montrer que c'est la nation dont la
langue est la nôtre et dans les rangs de laquelle luttent ceux qui nous sont
chers qui a le moins violé les lois de la morale humaine..."

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