Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 16 février 2011

Des objets et des hommes

Obsolescence programmée

Comment vendre des objets qui durent trop longtemps?

Réduire volontairement leur durée de vie, les fabriquer pour être prêts à jeter .

"Diffusé hier soir sur Arte à 20.40, le documentaire Prêt à jeter prend l’exemple des ampoules pour illustrer cette invraisemblable dérive et remonte le cours de l’histoire pour expliquer aux téléspectateurs comment cette idée est venue aux industriels. Celles-ci étaient d’abord conçues pour durer. Et puis la baisse des achats, une fois le produit ancré dans la plupart des foyers, les a poussés à développer des ampoules moins résistantes au temps. Le but ? Fidéliser le client et surtout générer plus de profits grâce à des achats récurrents.
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Un cartel de fabricants a décidé qu’il en serait ainsi. Une phrase dans une publicité les a interpellés : « un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires ». Regroupés sous le nom de Phoebus, ils ont décidé que dorénavant l’ampoule devait s’user plus vite et ne plus durer que 1000 heures au lieu des 2 500 originelles. Une réduction considérable que l’arrière-petit-fils du fondateur de Philips justifie par le fait qu’« à l’époque, le développement durable n’était pas au centre des préoccupations ». Pas sûr que l’excuse tienne encore longtemps la route, si tant est qu’elle ait jadis été recevable…Le courtier en bourse Bernard London a théorisé l’obsolescence programmée en 1929, année du fameux krach boursier de Wall Street, point de départ d’une crise financière mondiale, en expliquant ses avantages pour relancer l’économie. De magouilles privées en théorie publique, l’obsolescence programmée a fait son petit bout de chemin jusqu’à réguler complètement les systèmes de production. Un produit garanti à vie n’attendra pas que vous mourriez pour cesser de fonctionner."


___"Au début du XXe siècle, alors que la société de consommation prenait son envol, le consommateur recherchait avant tout des produits de qualité. Les fabricants avaient besoin d'identifier les produits. Les marques firent ainsi leur apparition et devinrent les gages de cette qualité. Mais le système avait ses limites. Avec des produits qui duraient dix ou vingt ans, que pouvait-on bien vendre aux consommateurs ? Apparut donc, dans les années 1920, le principe d'obsolescence programmée. L'idée ? Chaque produit doit « s'autodétruire » un certain temps après l'achat, ce qui oblige le consommateur à racheter du neuf. La rumeur raconte ainsi, qu'au début, les bas en Nylon étaient de tellement bonne qualité que les femmes n'en achetaient qu'une ou deux paires par an. Pour y remédier, on créa le « bas qui file », et les ventes explosèrent.
De nos jours, ce principe fait des ravages : les téléphones mobiles ont une espérance de vie de trois ans, les téléviseurs ont des coûts de réparation prohibitifs... Bref, un produit usé, c'est un nouveau produit vendu. Tourné aux quatre coins du monde, ce documentaire espagnol revient sur les dégâts de ce modèle de croissance aberrant, alors que les ressources de la planète s'épuisent.
"Patrick Fournier
_____________Le système capitaliste de production de masse se heurte vite à des contradictions: comment vendre durablement des produits relativement durables sans saturer les marchés à un moment donné? Le renouvellement des objets fabriqués, par leur design,
leur nouveautés (obsolescence psychologique) et leurs performances , l'appel à la publicité pour susciter l'acte d'achat, stimuler le désir, qui ne doit jamais être saturé, le recours à l'emprunt facilitant le passage immédiat à l'acte d'achat...autant de moyens qui ont permis la pérennité de la production, comme le recours à l'ouverture de nouveaux espaces de marchés. Ce schéma fonctionne à peu près tant qu'il y a assez d'acheteurs en croissance, à pouvoir d'achat suffisant. Dès qu'un crise s'installe du fait de surproduction et/ou de baisse de pouvoir d'achat, la machine à produire tend à se bloquer et les profits à décroître.
D'où la nécessité de faire baisser la durée de vie des produits par des moyens divers. La durabilité n'est plus un argument de vente, du moins dans les produits électroniques et ménagers.
Nos appareils sont programmés par les fabricants pour mourir rapidement
Par exemple, l’iPad est fabriqué pour être rapidement obsolète
Cette politique délibérée du prêt à jeter ne va pas sans conséquences néfastes.
L'épuisement des ressources naturelles, l'absence de recyclage efficace, la pollution exportée par les déchets toxiques sont les aspects les plus critiques.
Les objets ont déjà une longue histoire.
La crise est l'occasion de revoir notre mode de consommation, notre mode de vie en général, qui ne peut-être durable dans un monde fini et au coeur d'inégalités flagrantes, comme André Gorz l'avait déjà fait remarquer naguère.
-Raccourcir la durée de vie des produits pour inciter à consommer plus?

___________________-Econoclaste:discussion critique-
Le coltan de la violence

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